Page:Gourmont - Pendant l’orage.djvu/103

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vois encore ce beau jeune homme entrer du même coup dans le bonheur et dans la vie littéraire. Je me laisse plus émouvoir par le destin de ceux qui suivaient ma carrière et que j’avais connus. C’est un sentiment fort naturel et que j’accepte, mais je pense aussi aux autres, à ceux qui m’étaient tout à fait étrangers, qui suivaient dans la vie des routes où nous ne devions jamais nous rencontrer. Ce Bulletin des écrivains n’est pas une œuvre de vanité, mais une œuvre de solidarité et de respect. Beaucoup y sont célébrés pour la dernière fois peut-être, beaucoup y sont nommés qui même ne le seront plus jamais. C’est bien le moins que nous nous apercevions qu’ils sont morts, ceux qui meurent pour nous, et que nous méditions un instant sur leur destinée.