Page:Gourmont - Sixtine, 1923.djvu/285

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ton cœur, sois bénie pour cette complaisance.

La Novella se baissa vers le prisonnier et de ses lèvres lui toucha le front.

Elle ôta sa couronne d’étoiles : les étoiles s’envolèrent vers le plafond et en firent un firmament.

La boucle de sa ceinture se suspendit en l’air comme un soleil et l’agrafe de son manteau devint pareille à la lune des blanches nuits.

Elle eut un grand soupir, et de ses lèvres naquit un nuage qui voila d’un charme indécis l’éclat rayonnant des astres, puis elle dit :

— Tu as douté, Guido, regarde et meurs d’amour !

Alors elle s’épanouit en une Rose mystique d’où s’exhalait un adorable parfum.

Et le cœur de Guido était rempli de suavité.

Puis elle devint un pur Miroir où flamboyait un glaive.

Et le cœur de Guido était rempli de justice.

Puis elle devint un Trône tout en cèdre où se lisaient gravées des sentences.

Et le cœur de Guido était rempli de sagesse.

Puis un Vase apparut qui fut de bronze, puis d’argent, puis d’or ; il en sortit des fumées d’encens, de cinname et de myrrhe.

Et le cœur de Guido était rempli d’adorations.

Puis surgiront une Tour d’ivoire et d’autres visions, enfin une resplendissante Porte que Guido reconnut pour être la porte du ciel, et il commença de se demander si cette aventure n’allait pas finir aussi spécieusement que sa rencontre avec Pavona.