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SAADI — SAALE

seau, dans Hoivcrs <>/ pcrsian literature (Londres, 1801) ; en français par Garcia de Tassy (Paris, 1822) et réimprimé dans ses Allégories, récits poétiques cl chants populaires (Paris, 1876) ; le Sdkibija, écrit pour Schems ed-din Dschuweini ; Bâcher en a édité et traduit (Strasbourg, 1879) une partie sous le titre de Sadis Aphorismen und Sinngedichte. On possède encore de nombreux récits, fables et essais de Saadi écrits dans une langue pure, délicate et simple ; les Risâleks mystiques, les hasidêhs arabes et persanes, les Elégies, les ghazels, les quatrains, etc. Ces œuvres ont été publiées daus leur ensemble par Harington (Calcutta, 1791-95, 2 vol.). Birl. : Dauletshah. Tezherel elShoa.ru. — Mobtaûfi, Tarikh-i Gouzideh. — Ador, Ateskêdeh. — Tarihh-i Firuz Châhi. — Bâcher. Sa.adi-Stu.dien, dans Zeitschrift der deutschen morgenlmndisehen Gesellschaft, HO. — Graf. Die Moral des Saadi, dans les Beitrsegen zu den theolm/is dieu Wisaenschaften, 3, de Reuss et Gumtz ; Iéna, ls51.

— Oiiselby, Biographical notices of Persian poels ; Londres, 1846. — Hii.t :. Catalogue of the Persian mss of the Dritish Muséum. 2. pu. 595 "et suiv. — Pertsch, Persische Handschriften zu Berlin, pp. 800 et suiv. SAAOIA (en arabe Saïd), fils de Joseph, né à Fayoum (Haute-Egypte) en 892, mort en 942. Il fut appelé, en 948, par l’exilarque David ben Zakkay, à la direction de l’école talmudique de Sora, en Babylonie, et devinfainsi le chef spirituel (gaôu)des Juifs. Mais ayant refusé d’approuver une décision injuste de l’exilarque dans un procès de succession, il fut contraint de quitter Sora en 933 et se retira à Bagdad. En 937, il fut replacé à la tète de l’Académie de Sora et conserva ses fonctions jusqu’à sa mort. Versé à la fois dans les sciences sacrées et profanes, Saadia consacra sa vie à défendre le judaïsme traditionnel contre les attaques des Caraïtes aussi bien que des partisans delà philosophie. Contre les Caraïtes détracteurs du Talmud, il s’efforça de montrer que la loi écrite implique la loi orale, et, contre les rationalistes, il chercha à prouver que la raison s’harmonise avec les principes de la foi révélée. Saadia est le premier écrivain juif qui ait écrit sur la grammaire, la lexicographie, l’exégèse rationnelle et la théologie, et il est le véritable créateur de ces diverses branches d’études. Ses principaux ouvrages sont : 1° Un dictionnaire hébreu intitulé Agron, qui contenait une double liste des mots, rangés par ordre alphabétique, d’abord des initiales, puis des finales. Saadia voulait faciliter ainsi aux poètes la recherche des acrostiches et des rimes. Il ne reste de ce livre qu’un fragment. 2° Le Livre de la Langue, qui renfermait divers traités grammaticaux. Cet ouvrage est entièrement perdu. 3° La traduction arabe de la Bible, dont on possède le Pentateuque, haie, les Psaumes, les Proverbes, Job, le Cantique, Rut li, Daniel. Saadia a poursuivi danscetteœureun triple but : il a voulu rendre la Bible accessible au peuple, réfuter les interprétations des Caraïtes et supprimer les idées grossières et superstitieuses de quelques-uns de ses coreligionnaires sur la divinité. Saadia, dans sa traduction, a cherché avant tout à être clair, et il ne craint pas de modifier légèrement le texte pour lui donner un sens, mais il est dénué du sens poétique. Saadia a fait deux édiditions de la traduction du Pentaleuque, dont l’une est accompagnée d’un commentaire, mais on n’a conservé de celui-ci que des fragments. On possède le commentaire entier des Proverbes et des morceaux de celui A’Isaïe, des Psaumes et de Job. 4° Le Commentaire du Livre de la création, composé en 931. Saadia s’est évertué à retrouver des conceptions philosophiques dans les singulières idées de l’auteur sur la formation du monde au moyen des lettres et des nombres. 5° Le Livre des Croyances et îles Convictions, écrit en 93 î . Cet ouvrage, où Saadia a posé les bases de la théologie juive, renferme dix chapitres sur l’existence du créateur, son unité, les commandements et les défenses, l’obéissance et la désobéissance, les mérites et les démérites, l’âme et la mort, la résurrection, le messianisme, le monde futur, la morale pratique. Pour Saadia, la raison a une valeur absolue, mais comme elle est lente dans sa marche, Dieu y a suppléé par la révélation. Il ne peut y avoir désaccord entre la raison et la vraie tradition écrite ou orale. 6° Des opuscules talmudiqucs, parmi lesquels un traité des successions. 7° Un rituel. En outre, Saadia a écrit des ouvrages de polémique, malheureusement perdus, dirigés, l’un contre Anan, le fondateur du caraïsme, et l’autre contre Hisiathabalki, qui parait avoir attaqué la véracité des récits bibliques, et une sorte de mémoire apologétique intitulé Galouy (l’exilé) où il justifiait sa conduite et repoussait les accusations de ses adversaires. On a retrouvé de cet ouvrage quelques petits fragments. Les écrits de Saadia qui ont été imprimés sont : la traduction du Pentateuque, insérée dans la Polyglotte de Paris et de Londres ; le Livre des croyances, traduit en hébreu par Juda ibn Tébbon, a été imprimé pour la première fois à Constantinople en 1562 et souvent réimprimé. Il a été retraduit en allemand par Furst (Leipzig, 1845) ; le texte arabe même a été édité par A. Landouer (Leyde, 1880). Le Commentaire du Livre de la Création a été publié avec une traduction française par Mayer-Lamhert (Paris, 1891). Margalies a publié la traduction des vingt premiers Psaumes (Dreslau, 1884), celle de Job (Altona, 1889) ; Derenbourg, celle d’Isaïe (Zeitschrift fur alitestamentliche Wissenschaft, années 1889-80) ; Perity, celle de Ruth {Monatsschrift des Judentliums, 1899). Les fragments de V Agron et du Galouy ont été édités par Harlcavy (Saint-Pétersbourg, 1891). Enfin une édition des œuvres complètes de Saadia a été entreprise, à l’occasion du millénaire de sa naissance, en 189 u 2. Cinq volumes ont paru jusqu’ici : la traduction du Pentateuque, par Joseph Derenbourg (Paris, 1893) ; la traduction et le commentaire des Proverbes, par Derenbourg et Lambert (1894) ; la traduction d’Isaïe avec fragments de commentaires par J. Derenbourg (1896) ; les opuscules talmudiques par Joël Muller (1897) ; la traduction de Job, avec fragments de commentaire, par Bâcher. Les textes d’Isaïe, des Pro verbes et de Job sont accompagnés d’une traduction française par J. Derenbourg, H. Derenbourg et Lambert. Mayer-Làmbert.

Bibl. : Graetz, Geschichte der Juden, t. V, pp. 268 et suiv. — Steinschneider, Catalogue des ouvrages hébreux du British Muséum (article Saadia). — Harkavy, Studien und Mittheilungen, 5° parti ; Saint-Pétersbourg, 1881 (en hébreu). — Gùttmann, Die Religions Philosophie des Saadia. ; Gottingue, 1882. — Bâcher, Die Aufânge der hebraïschen Grammatik, etc. ; Leipzig-, 1895. — Du même, Die Judische Bibelexegese ; Trêves, 1892. SAADI EN S. Chérifs du Maroc (V. ce mot, § Histoire, t. XXIII, p. 273).

SAADULLAH Paciia, homme d’Etat ottoman, né à Erzeroum le 7 juill. 1838. Filsd’Essad Pacha, connu comme poète turc, qui était alors gouverneur d’Erzeroum, il entra au bureau des traductions de la Sublime-Porte (1855), fut successivement secrétaire du Conseil d’Etat (1869), premier drogman du Divan impérial et directeur du bureau de la presse (1871), sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’instruction publique (1873), directeur des archives de la propriété immobilière (Defteri-Kliaktin i) et président de la cour de cassation (187 4), puis ministre du commerce. En 1876, il fut choisi comme premier secrétaire du palais par le sultan Mourad V. Entré dans la diplomatie à la suite de la déposition de ce prince, il fut ambassadeur à Berlin (mai 1877), plénipotentiaire pour la conclusion de la paix de San Stefano qu’il signa avec Safvet Pacha (3 mars 1878) et au congrès de Berlin en même temps qu’Alexandre Carathéodory et Méhémet-Ali Pacha, et ou il signa seul le procès-verbal de ratification (3 août) ; plus tard ambassadeur à Vienne (1883), il s’y suicida le 18 janv. 1891. C. Huaut.

SAALE Franconienne. Rivière de Bavière, cercle de Basse-Franconie, née à l’E. île Kœnigshofen, au village d’ Alsleben, sur la frontièrede Meissingen, issue du Salzloch ou Saalbrunnen. Elle coule à l’O., puis au S.-O., reçoit SUT la droite la Mie/, le Stien, le l’.rend, la Schondra, la