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SOUDAN

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en 1830 de 2.045.000 kilogr., en 1840 de 3.100.000, en 1889 de 2.730.000, en 1899 de 3.525.000 kilogr. valant 4.220.000 fr. ; de son coté le Soudan en exporte pour 1.400.000 fr., à peu près tout vers la France. — L’exportation du caoutchouc était, en 1899, de 2.218.000 fr. pour le Sénégal et 976.000 fr. pour le Soudan ; les deux tiers vers la France, le reste vers l’Angleterre. L’exportation des arachides atteignait 12.119.000 fr., dont 9.228.000 en France, 746.000 fr. en Allemagne et 1 .580.000 fr. en Hollande ; celle de l’or, 549.000 fr. du Sénégal, 213.000 du Soudan ; celle de l’ivoire sénégalais, 41.000 fr., soudanais, 32.000 fr. — Les importations principales sont :

1889

Noix de kola.

Sucre

Tabac

Iioissons distillées...

Fers

Francs

544.000

465.000

402 000

376.000

24.000

1899

Francs

1.333.000

1.176.000

1.908.000

1.113.000 i [ !?""•

( Allemagne.

PAYS

d’origine

Angleterre.

France

Empire Ottoman.

127.500

Verroterie.

Fils.

60.000 305.000

1 ’.16.000 450.000

Guinées 3.0 :5.^00 G. 101. 000

France.

/ Allemagne.

< France.

( Autriche.

France. 

( Angleterre, etc.

France,

Belgique.

Hollande.

Autres cotonnades.

Objets en métal

Armes

Poudre .

1.610.000

18.000

110.000

70.000

6.558.000 ; »•

France.

France.

Angleterre.

«7.000 } SaV

.165.000

178.000

Au Soudan, les principaux articles sont le sel des salines sahariennes de Tichit, Taodeni, etc. (3 millions de fr.) ; les guinées (1.824.000 fr.) de l’Inde (pour moitié), de Belgique, Hollande, France ; les cotonnades (1 .280.000 fr.) de Manchester, etc.

Soudan égyptien. — Le Soudan égyptien ou oriental est le nom collectif par lequel on désignait les possessions égyptiennes du haut Nil divisées par Saïd Pacha en provinces de Dongola. Berner, Taka, Sennaar et Kordofan, étendues par les conquêtes d’Ismail jusqu’à Fachoda et au pays des Chillouks ; par le gouverneur général Baker (1869 74) jusqu’au 2° lat. N. quand il eut annexé l’Ounyoro (1872). Au gouvernement général du Soudan comprenant alors les trois gouvernements Berber, Khartoum, Fachoda, s’ajouta celui des Provinces équatoriales organisé par Gordon comme distinct du Soudan ; d’autre part, celui-ci s’accrut du Dar-For à l’O. et s’étendit vers la mer Bouge et vers Harrar ; mais les défaites infligées par les Abyssins aux troupes égyptiennes arrêtèrent son exten sion. Gordon fut obligé d’évacuer le Dar-For, puis l’Ounyoro, laissant à Emin Pacha (V. Schnitzi.kr) le gouvernement de la province équatoriale de Lado ; il se retira en 18P0. Alors éclata l’insurrection mahdistc (mai 1881) : parti de l’Ile d’Aba, le mahdi Mohammed Ahmed délit le gouverneur de Fachoda (juin 1882) ; la prise d’El-Obeid iui livra le Kordofan où il anéantit l’armée du général Hicks (1883) ; son lieutenant Osman-Digna (V . ce nom) s’avança jusqu’à Souakim. Gordon, rappelé à Khartoum, y succomba après un siège de dix mois (1884), et les protecteurs anglais de l’Egypte évacuèrent le Soudan, ramenant la frontière à Ouady-Halfa. Emin Pacha fut emmené du haut Nil par Stanley, et le Soudan égyptien se trouva tout entier reperdu pour la civilisation. 11 forma du Dar-For à Kassala et de Lado à Ouady-Halfa une sorte d’empire religieux dont la capitale fut à Omdourman, en face de Khartoum. La mort du mahdi remplacé par Abdoullah el-Taichi, qui prit également le titre de khalife (22 juin 1885), ne modilia pas d’abord la situation. La décadence des derviches, dont l’armée quasi féodale n’était ni homogèno, ni bien organisée, ni approvisionnée d’armes et munitions modernes, commença en 1889 par la défaite de Toski, près la deuxième cataracte ; Osman-Digna fut tenu en échec près de Souakim ; les guerres avaient détruit le bétail et arrêté le commerce ; une fois le butin épuisé, le khalife exigea des impôts écrasants ; il appela au N. la tribu des Daggara à laquelle il appartenait et lui distribua les terres fertiles de la vallée du Nil. Le retour offensif des Européens contre les mahdistes désagrégés commença en 1893 par l’entrée des officiers belges du Congo qui chassèrent les mahdistes du Bahrel-Ghazal ; en mai 1894, les Anglais le leur donnèrent à bail ; mais, sur les réclamations de la France, ils se limitèrent au territoire de Lado et Bedjaf sur le Nil. Fn juin 1894, les Italiens enlevaient Kassala. La France, espérant une coopération de l’Abyssinie, s’avance à son tour par l’Oubanghi vers le Bahr-el-Ghazal. L’Angleterre décide alors de reconquérir le Soudan égyptien. En 1896, le sirdar Kitchener concentre les troupes anglo-égyptiennes à Ouady-Halfa, préalablement attaché à l’Egypte par un chemin de fer que l’on prolonge à mesure qu’avance l’armée. Le 19 sept., celle-ci prend Dongola. Un an après, Kitchener occupe Abou-Hamed et y amène le chemin de fer de Ouadi-Halfa. En oct. 1897, il entre à Berber ; il réoccupe Kassala restitué parles Italiens. Pendant ce temps, les Français avaient occupé le Bahr-el-Ghazal ; le capitaine Marchand s’avançait despostes de Dem-Ziber, de Fort-Desaix vers le Nil, tandis que les Abyssins, vainqueurs des Italiens, descendaient le Sobat. Ils ne joignirent pas Marchand qui occupa seul Fachoda le 10 juil. 1898 et repoussa les attaques des mahdistes. Les Anglo-Egyptiens, partant d’Ed-Damer. au confluent du Nil et de l’Atbara, écrasent le long de cette rivière l’armée de l’émir Mahmoud (8 avr. 1898) et le 30 août enlèvent le camp de Keneri qui couvrait Omdourman. Le 2 sept. 1898, ils mettent en déroute les hordes mahdistes et entrent dans leur capitale ; le corps du mahdi est jeté au Nil, Omdourman rasé, et Khartoum reconstruit. Kitchener se portant aussitôt à Fachoda s’y était rencontré avec Marchand (21 sept.), lequel refusa d’évacuer la place. Les négociations engagées entre la France et l’Angleterre aboutirent, après une période de tension aggravée par le langage de la presse anglaise, à la convention du 11 mars 1899. La France renonça à toute prétention sur l’ancien Soudan égyptien et l’Angleterre s’engagea à ne pas en dépasser les limites vers l’O. Voici les dispositions essentielles de ce traité d’importance capitale. Le gouvernement de la République française s’engage à n’acquérir ni territoire ni influence politique à l’E.. et le Royaume Uni s’engage à n’acquérir ni territoire ni influence politique à l’O. de la ligne frontière ainsi définie : ligne de partage des eaux entre les bassins du Nil et du Congo, puis du 11° lat. N. au 15° lat. N., frontière ancienne entre le Ouadaï et le Dar-For. étant entendu que le tracé à déterminer ne pourra dépasser à l’O. le 18° 40’ long. E. ni à l’E. le 20° 40’. Au N. du 15 e parallèle, la frontière sera formée par une ligne tirée vers le S.-E. à partir du point de rencontre du tropique du Cancer avec le 13° 40’et jusqu’au 21° 40’ et à sa rencontre avec la frontière du Dar-For. Les Anglais ont procédé à la réorganisation du Soudan dont les a laissés maîtres définitifs la mort du khalife Abdoullah tué avec ses lieutenants à la fin de nov. 1899 dans labatailled’Omdebrikat. Une convention passée le 19 janv. 1899 avec le khédive a séparé de l’Egypte tous les pays au S. du 22" lat. N., et en a confié l’administration, y compris Ouadi-Halfa et Souakim, à un gouverneur général nommé par décret khédivial avec sanction du gouvernement anglais. Ce gouverneur est investi de pouvoirs dictatoriaux et les droits et garanties couférées aux étrangers en Egypte sont abolis. Le chem. de fer a été prolongé jusqu’à Khartoum et une administration anglaise installée. A.-Jl. Bkkthelot.

Bibl. : Fortin, Carte du Soudan français au 500.000*. Srn Q, Carte de la Boucle du Niger au 500 000’, 1899. —