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SPADASSIN — SPALAT1N

tous portant sur notre scène la marque étrangère. E. Augier, dans aventurière, fidèle à la tradition comique, s’est contenté de moderniser don Annihal, moitié soudard, moitié chevalier d’industrie, prêt à capituler devant un sac d’écu, et filant doux, même sans indemnité, lorsqu’il acquiert la certitude que la botte secrète de son maître en escrime, le fameux Matapan, n’est pas infaillible. Marcel Charlot. SPADICE (Bot.) (V. Inflorescence).

SPADONE (Physiol.) (V. Eunuque).

SPAENDONCK (Gérard van), peintre hollandais, né à Tilborgenl746, mort àParis en 1822.11 fut élèvede Herreyns et peignit les fleurs et les fruits. Arrivé en France en 1770, il devint peintre du roi. professeur d’iconographie au Jardin des plantes. Ses ouvrages, presque égaux à ceux de van Huysum. lui valurent de grands succès. Œuvres au Louvre, etc.

Son frère Cornelis, né à Tilborg en 1750, mort à Paris en 1839, peignit aussi les fleurs, surtout pour la manufacture de Sèvres. Œuvres au Louvre, etc. SPAGNA (Lo), peintre italien (V.Giovanni m Pietro). SPAGNOLA (II), peintre et graveur italien (V. Gaguardi [Bartolomeo]).

SPAGNUOLO (Lo), compositeur espagnol (V. Martin y Soler [Vicente]).

SPAHI. I. Armée turque. — Ce mot, d’origine persane {sipahi — cavalier), désigne les troupes de cavalerie de l’armée turque. — A l’époque de la conquête ottomane (xiv° et xv e s.), les terres, conquises par les envahisseurs et considérées comme terres domaniales, furent conférées en fiefs à des soldats et parfois même à des employés civils ; la propriété en restait aux anciens propriétaires, sujets non musulmans (rayas), qui devaient payer une redevance à leur nouveau seigneur et transmettaient leurs droits à leurs descendants ; mais leurs héritiers en ligne collatérale avaient besoin de l’assentiment du seigneur qui, en cas de déshérence, se réservait le droit de concéder la terre à un voisin du défunt. En échange de ces avantages, le feudataire (sipahi), qui était astreint à résider dans ses terres, devait au souverain le service personnel et celui de djébélu (cuirassier), dont le nombre variait suivant l’importance du fief et était calculé à raison d’un djébélu par pilidj (sabre), portion de territoire représentant un revenu de 3.000 aspres, valeur qui, au xv u siècle, parait avoir été équivalente au dixième d’un ducat. Les fiefs d’une contenance inférieure à 20.000 aspres étaient dits timar, les autres ziamet. — Les sipakis étaient soumis à un çou hachi, qui obéissait lui-même à un alai beg, qui, en temps de guerre, recevait les ordres d’un sandjak beg ; les sandjak beg relevaient du pacha, gouverneur général. Cette institution fournit à l’Empire ottoman la cavalerie de ses milices tant de fois victorieuses ; au temps de Soléiman, elle comptait encore 200. 000 hommes ; mais elle ne pouvait conserver longuement intacte son organisation féodale. A l’origine, les fiefs ne se transmettaient qu’en ligne directe, et à défaut de descendant mâle, ils faisaient retour au souverain, qui chargeait le pacha d’en pourvoir un autre sipahi de la même province ou un militaire. Les exploits guerriers des spahis, par exemple une tête d’ennemi coupée, leur donnaient droit à un accroissement de fief : plusieurs fiefs timar pouvaient être réunis pour former un ziamet, mais l’inverse était impossible. Depuis l’année 1530, les fiefs furent divisés en deux catégories, suivant leur importance : les tezkérélus, dont les titulaires devaient obtenir un bérat du sultan, rendu après une enquête (tezkéré) du pacha, et les tezkérésiz, qui étaient conférés par le pacha. Les désordres de l’Empire ottoman permirent aux pachas de trafiquer des fiefs, sans aucun contrôle, et d’en disposer au profit de personnages indignes et incapables de fournir le service militaire : Moustafa II crut remédier à cet état de choses en enlevant aux pachas la nomination des sipahis, mais il ne réussit qu’à déplacer l’origine des abus. En 1768, au début de la guerre contre la Russie, Moustafa III eut grand’peine à réunir 20.000 djébélus. En effet, on en était arrivé à établir une taxe de remplacement (bedel djébélu), qui dispensait le feudataire de fournir le service personnel et d’envoyer à l’armée ses djébélus : les fiefs tombés en déshérence revinrent au domaine public. Ainsi disparut l’organisation féodale des sipahis, dont le nom restait seulement à l’un des six principaux corps de la milice turque ; celui-ci même fut supprimé en 1826, lors de l’anéantissement des janissaires et de la réorganisation de l’armée. Aujourd’hui, le mot sipahi veut simplement dire cavalier. Dans les provinces, qui se séparèrent peu à peu de l’Empire, comme la régence d’Alger, les chefs locaux eurent aussi des milices à cheval qui prirent le nom de sipahis ; à Alger, sous le gouvernement des beys, l’agha des sipahis était l’une des cinq Puissances du Conseil beylical ; c’est à l’imitation de ces corps de cavalerie que furent organisés les régiments français de spahis. — Dans l’Inde, des troupes reçurent le même nom de cipages, qui, par un phénomène intéressant de sémantique, s’applique à un corps d’infanterie. M. G. D. II. Armée française. ■ — Les spahis, les « margouillats », comme on les appelle très irrespectueusement, ne font plus guère, à l’heure actuelle, qu’un service de gendarmerie et d’escorte. Ils forment quatre régiments de spahis algériens, ayant leurs dépôts respectifs à Médéah, à Sidi-bel-Abbès, à Batna (régiments algériens), à Sfax (régiment tunisien). Ils sont à cinq escadrons, sauf le 1 er , qui compte un 6 e escadron, celui des spahis sénégalais, détaché au Sénégal. Il y a en outre un escadron de spahis sahariens, plus spécialement chargé de donner la chasse aux écumeurs du désert et monté à méhari, et un escadron de spahis soudanais. L’un et l’autre sont rattachés pour ordre au 1 er spahis. Chaque régiment de spahis comprend 4 officiers supérieurs, 37 officiers subalternes, 276 sous-officiers, brigadiers, hommes des cadres, 650 cavaliers du rang. Ces derniers sont tous indigènes. Au contraire, les gradés et les hommes des cadres (cavaliers- ordonnances, élèves brigadiers, ouvriers, etc.) sont, en principe, Français. Il est seulement réservé aux indigènes la moitié des emplois de lieutenant et sous-lieutenant, de maréchal des logis et de brigadier. A grade égal, les Français ont toujours le commandement. Le recrutement a lieu, dans les trois régiments d’Algérie, par engagements volontaires, dans le régiment de Tunisie, au moyen du contingent tunisien. Les engagements peuvent être contractés parles indigènes entre dix-huit et trente ans et pourquatre années, avec faculté de rengager ensuite etsuccessivementpourdeuxà quatre nouvelles années. Les engagés prêtent serment sur le Coran. Les cadres sont alimentés au moyen de militaires venant des autres corps de troupe. Suivant les besoins de l’occupation et de la défense, les régiments de spahis peuvent avoir des escadrons mobiles et des escadrons sédentaires. Les escadrons mobiles constituent des troupes de garnison et sont conservés. En fait, une partie de leur effectif est détachée dans les bureaux arabes. Le reste escorte les convois périodiques ou exceptionnels, ainsi que les personnages notables qui voyagent ou inspectent. Les escadrons sédentaires sont et demeurent établis sur des terrains militaires qui leur ont été précédemment concédés et où ils forment des douars, dans lesquels ils vivent avec leurs familles et leurs troupeaux. L’uniforme des spahis se compose d’un large pantalon bleu, rentré dans les bottes, d’une veste rouge, d’un burnous et d’une chéchia rouge, avec ou sans turban.

SPALATIN (George Burkhardt), réformateur allemand, né à Spalt, sur IaKezat, au S. de Nuremberg, le 17 janv. 1484,mortàAltenburgle 16janv. 1545. 11 fit, avec Luther, ses humanités à Erfurt, devint magister à Wittenberg en 1502, et étudia ensuite le droit et la théologie à Erfurt. D’abord précepteur de Jean-Frédéric , futur électeur de Saxe, il devint, en 1514, chapelain de la cour et secrétaire intime de Frédéric le Sage, qu’il accompagna à presque