Page:Groulx - Jeanne Mance, 1954.djvu/33

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Jeanne Mance

(12 novembre 1606 — 18 juin 1673)


Une âme toute de grâce


Jeanne Mance naquit le 12 novembre 1606, à Langres, la deuxième de douze enfants. Son enfance n’a rien d’extraordinaire. À vingt ans elle perd sa mère. C’est elle qui la remplace au foyer. Neuf ans plus tard, son père meurt à son tour.

Tandis que M. de La Dauversière fonde à La Flèche une communauté d’hospitalières pour Ville-Marie et que Mme de Bullion promet de payer l’Hôtel-Dieu qu’on y veut construire, Jeanne Mance, à la lecture des Relations, songe à donner sa vie à l’œuvre de la Nouvelle-France. Quand elle s’offre pour Ville-Marie, on reconnaît en elle l’envoyée du ciel pour la fondation projetée.

Le 8 août 1641, elle arrive au Canada. Le 17 mai 1642, elle débarque à Ville-Marie et dresse le premier autel.

La Société de Notre-Dame de Montréal venant à péricliter, c’est elle qui relève le courage et le zèle des Associés, conserve la faveur de Mme de Bullion. Elle persuade Maisonneuve d’organiser la défense de la colonie en passant en France pour lever quelque troupe.

En 1657, elle retourne en France pour soigner son bras droit impotent. Elle est guérie au contact du coffret qui contient le cœur de M. Olier. Deux ans plus tard elle rentre au Canada avec les premières Hospitalières de Saint-Joseph. Avant la fin de l’année, le premier Hôtel-Dieu l’hébergera avec ses religieuses.

C’est précisément à partir de ce moment que Jeanne Mance souffrira héroïquement pour son œuvre si difficilement commencée. Pour elle, c’est la dernière étape de la vie montante. Elle meurt le 18 juin 1673.