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L’APPEL DE LA RACE

est-ce autre chose qu’une chimère de haute taille ? Retiens bien cet axiome, me disait encore hier mon oncle William : « La puissance et l’avenir sont du côté des races qui assimilent. C’est un argument historique qui ne trompe pas. Or rien n’égale, à l’heure actuelle, la force assimilatrice de la race anglo-saxonne ».

— Oh ! non, halte là, par exemple ! j’en demande pardon à ton parrain : si l’argument vaut quelque chose, l’exemple ne vaut rien.

Cette fois, c’était bien Wolfred qui parlait. Lantagnac retint sa respiration. L’aîné reprenait :

— Tu sais, moi, mon cher cadet, on ne me bourre pas le crâne avec des aphorismes truqués. Où donc ton parrain l’a-t-il vue cette race anglo-saxonne grande assimilatrice de peuples ? Où donc l’a-t-il vue ? Moi, je compte de jolis déficits à ses triomphes. Je vois, par exemple, qu’elle n’a vraiment assimilé ni l’Irlande, ni même l’Ecosse, ni les Indes, ni l’Afrique-Sud, ni Malte, ni l’Egypte, ni le Québec français. Encore une fois, mon cher cadet, où donc, toi et ton oncle l’avez-vous faite cette trouvaille ?

— Et les Américains, qu’en faites-vous, cher maître ? interjeta William, sûr de l’objection victorieuse.

— Ce que j’en fais, mon brave pupille ? riposta Wolfred, sur le même ton tranchant. Pas plus assimilateurs que les autres. Là, comme partout ailleurs, la même puissance n’a vraiment