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L'APPEL DE LA RACE

dialogue prenait souvent et malgré soi, un accent de tragédie.

— Eh bien ! commença le religieux, votre cas de conscience est double ou, du moins, si je ne me trompe, pose deux problèmes. Vous émettez d’abord un doute sur l’efficacité de la lutte intransigeante à l’heure actuelle ; et il y a, en second lieu, le cas d’un père de famille, le vôtre, qui très légitimement se demande si son dévouement à la cause ontarienne doit aller jusqu’à la destruction de son foyer. Est-ce bien cela ?

Lantagnac acquiesça de la tête.

— Alors, abordons le premier problème, dit le Père. Et, si vous me le permettez, ici encore distinguons une seconde fois. Distinguer, c’est faire de la clarté. Sur le premier point, mon cher Lantagnac, vous soulevez, n’est-il pas vrai, une question de fait et une question de principe ? Vous soutenez que la méthode de lutte a démontré suffisamment son inefficacité ; en plus vous ne croyez pas à la sagesse de la méthode, comme moyen de défense pour une minorité. Encore une fois ai-je résumé fidèlement ?

Lantagnac acquiesça de nouveau.

— En ce cas, venons-en tout de suite à la question de principe, proposa le Père Fabien. Celle-ci résolue, la question de fait le sera pratiquement. Ainsi, Lantagnac, vous rejetez la bataille, la lutte, comme moyen de défense pour une minorité opprimée ?