Page:Groulx - L'appel de la race, 1923.djvu/219

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À LA RECHERCHE DU DEVOIR

Lantagnac revenait ainsi à la doctrine du Père Fabien dont l’évidente sagesse s’illuminait à ses yeux :

— Quelle haute leçon de choses ! On appelle agitateurs, brandons de discorde, dangereux destructeurs, ceux qui luttent pour le respect de la justice et du droit. Et voilà ! Ce pays-se meurt parce que le droit y est mort ; parce qu’on a refusé d’entendre les hommes qui voulaient ramener l’Etat à ses principes, à la pensée initiale qui l’a créé ? Quelle revanche et quel enseignement ! Destructeurs, efficaces destructeurs, ceux-là plutôt, pacifistes quand même, qui laissent écraser le droit et la justice, bases de l’union sociale, fondements de la liberté et de l’autorité !

— Mais, oui, songeait toujours Lantagnac, mais oui, c’est l’évidence même. Et comment donc s’arrangent les politiques pour ne le point voir ? Quand les rapports de deux alliés ont cessé de reposer sur le respect loyal du droit, sur la foi des contrats jurés, y a-t-il encore des alliés ? Où donc s’achemine-t-on sinon vers l’étranglement du plus faible par le plus fort ou vers l’inévitable rupture ?…

Il partit faire le tour des ruines en prenant par la gauche. En arrière une cohue d’ouvriers travaillaient à déblayer le terrain. Le promeneur contourna la rotonde de la bibliothèque, seule partie du monument qu’eût épargnée l’incendie. Il allait déboucher vers la droite, lorsque, près du monument Baldwin-Lafontaine, tout au bord du para-