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L'APPEL DE LA RACE

pet de la colline, il vit un groupe de jeunes gens qui parlaient et gesticulaient avec animation. À leurs bérets de velours il eut vite fait de reconnaître quelques étudiants de l’université française de Montréal, en voyage d’excursion, sans doute, dans Ottawa. À l’approche de Lantagnac le groupe s’éloigna. Deux étudiants restés seuls en arrière, continuaient à deviser en lorgnant le monument de profil. L’un d’eux dit même, assez distinctement pour que le député pût l’entendre :

— C’est bien ce groupe, tu te souviens, que notre ami Wolfred de Lantagnac nous a recommandé d’aller voir.

— C’est cela même, disait l’autre.

— Il n’y a pas à dire, cette sculpture incarne de l’idée.

— Oui, surtout pour un type comme ce Lantagnac, si obsédé par les problèmes de race.

— Oui, obsédé, c’est le mot.

Le promeneur s’arrêta, figé à sa place, au son des derniers mots et du nom de Wolfred. Que venaient lui dire ces étudiants ? Un drame se jouait donc aussi dans l’âme de son fils aîné ! Ce drame, quel était-il ? Vers quel dénouement allait-il s’acheminer ? Certes, le père eut donné beaucoup, à cette heure, pour en apprendre davantage. Il écouta vainement. Les deux étudiants s’éloignaient à pas pressés, ralliés par leurs camarades.