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LE CHOC SAUVEUR

tation de Lantagnac ne faisait point de doute, non plus que son élection. Les obstacles ? Le Père paraissait, de son geste, les écarter d’avance. En une large synthèse, il résuma, pour le bénéfice de son auditeur, les luttes de race depuis la conquête ; il s’attarda surtout sur les conflits scolaires depuis 1890. Il écarta tous les nuages, toutes les équivoques ; il fonça droit sur ce qu’il appelait « la pensée de fond des persécuteurs » ; il la mit à nu, la disséqua de son impitoyable bistouri, et conclut sur le ton véhément :

— Reste aveugle qui voudra. Mais la vérité, Lantagnac, la vérité sensible, visible, tangible, la vérité que l’évidence nous jette crûment à l’esprit, c’est que, dans ce pays, il y a une volonté implacable de nous éliminer comme nationalité. Qu’importe que la guerre se fasse par escarmouches, si les escarmouches atteignent les fins d’une grande bataille ? Je vous le dis : nous éliminer comme peuple, c’est le but. À quoi tendent les entraves sans nombre à l’enseignement du français, dans toutes les provinces où nous sommes la minorité ? Elles tendent à ce but où elles ne tendent à rien. Où nous mènent les lésineries du gouvernement fédéral à l’égard de la langue française ? Pourquoi tous ces accrocs faits sans relâche à l’article 133 de la constitution qui proclame pourtant l’égalité juridique et politique des deux langues ? À qui en veut-on, je le répète ? Quelle fin ambitionnent d’atteindre les légistes francophobes, si ce n’est, par des abdications