Page:Grout - Passage de l'homme, 1943.djvu/100

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
98
PASSAGE DE L’HOMME

L’Homme s’en alla. Claire le suivit, et nous restâmes, la Mère et moi, à parler à la pauvre femme. Quand elle sut qu’elle se trouvait dans la maison de l’Homme, elle se mit à trembler et à jeter les yeux de tous côtés : puis elle se rassura peu à peu, et, vers midi, quand l’Homme revint, elle accepta qu’il se mît à table avec nous. L’Homme lui parla. Il lui dit combien il était triste de leurs souffrances à tous : « J’avais pensé monter jusqu’au village pour essayer de vous aider. Il me semble qu’en priant Dieu, bien sérieusement, avec vous tous, on serait arrivé à quelque chose. Mais c’est trop tard. Il faut que je m’en aille aux Iles. » Il dit encore : « Et puis, vous ne m’auriez même pas laissé monter là-haut ! Qu’est-ce que vous croyez que je suis ? » Et il se mit à rappeler à la femme, et sans jamais lui faire reproche, ce qu’il avait fait pour le village. Est-ce qu’il y avait apparence qu’un homme qui avait fait ces choses pût se tourner en mauvais homme ? La femme le regardait, vaincue. Elle était de pauvre instruction, et, je crois, de pauvre raison, mais elle comprenait avec son cœur. Elle croyait l’Homme, et, à la vérité, elle l’avait toujours cru. Elle se rappelait ce qu’il avait dit à l’enterrement de Celui des Hauts, et elle avait vu une Chose