Page:Guy de Maupassant - Une vie.djvu/293

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XII

Rosalie, en huit jours, eut pris le gouvernement absolu des choses et des gens du château. Jeanne, résignée, obéissait passivement. Faible et traînant les jambes comme jadis petite mère, elle sortait au bras de sa servante qui la promenait à pas lents, la sermonnait, la réconfortait avec des paroles brusques et tendres, la traitant comme une enfant malade.

Elles causaient toujours d’autrefois, Jeanne avec des larmes dans la gorge, Rosalie avec le ton tranquille des paysans impassibles. La vieille bonne revint plusieurs fois sur les questions d’intérêts en souffrance ; puis elle exigea qu’on lui livrât les papiers que Jeanne, ignorante de toute affaire, lui cachait par honte pour son fils.