Page:Hémon - La rivière, Le Vélo, 1904-01-01.djvu/4

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d’un temps où, après quelques minutes de bain, je revenais à la berge, les membres raidis, heureux de sentir la terre sous mes pieds. J’ai appris, jour après jour, à glisser entre les nénuphars, bien allongé pour fendre l’eau sans effort, à piquer dans l’ombre des ormeaux pour ressortir au grand soleil, à sauter droit devant moi, après dix pas d’élan, pour tomber en plein courant, les pieds d’abord, et trouer l’eau sans éclaboussure ; et j’ai appris, l’une après l’autre, appris et aimé toutes les nages, depuis la brasse tranquille et sûre, jusqu’au « strudgeon » précipité, qui vous donne l’air, dans les remous d’eau soulevée, d’un cachalot fonçant sur sa proie.