Page:Hardouin - La Detenue de Versailles en 1871.pdf/36

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

pleins de grâce et de maintien, dont un coup de cisaille réprime les écarts, comme on ramène l’enfant espiègle à l’alignement des préjugés, nous faisait songer combien avec les sommes séculairement dépensées à l’entretien de ce luxe improductif, on eût pu créer d’associations qui, fonctionnant aujourd’hui, résoudraient en partie le problème cherché et dont le manque de solution nous amène ici captifs. Aussi quelle ironie en voyant cet Eldorado né des sueurs du travail et dans lequel le travailleur n’a point accès ! Et pour la première fois que la plupart d’entre-nous voyaient ce temple de l’oisiveté, nous étions conduits par la force au service de la haine.

Certes, une excursion hors des murs de la ville bruyante et poudreuse, par un ciel splendide, dans de frais jardins ombreux, aurait déridé notre front, si le joug du vainqueur eût été moins lourd. Mais nous étions les vaincus et c’est pour cela qu’en face des joies du sol nous restions sombres.

note.