Page:Hawthorne, La maison aux sept pignons, Hachette, 1886.djvu/286

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zibah. Il lui fallait maintenant un secours quelconque, fût-ce même celui de Jaffrey Pyncheon. Elle descendit rapidement l’escalier, criant pour ainsi dire à chaque marche.

« Clifford est parti, hurlait-elle… Mon frère !… Je ne trouve plus mon frère !… À moi, Jaffrey Pyncheon !… Au secours !… Il va lui arriver quelque malheur ! »

Puis elle ouvrit la porte du salon. Mais, — soit l’ombre des rameaux qui obstruaient les fenêtres, l’obscurité des plafonds enfumés, la sombre teinte des lambris de chêne, — il faisait si peu jour dans cette pièce, que les mauvais yeux d’Hepzibah purent à peine distinguer la figure du Juge. Elle s’assura pourtant qu’elle le voyait, assis dans le fauteuil de famille, presque au centre du parquet, la tête un peu de côté, regardant vers une des croisées. Peut-être, dans son impassibilité magistrale, n’avait-il pas changé une seule fois de position depuis que naguère elle l’avait laissé là.

« Je vous dis, Jaffrey, s’écria Hepzibah d’une voix impatiente, pendant qu’elle quittait la porte du salon pour aller visiter les autres pièces, je vous dis que mon frère n’est pas chez lui… Aidez-moi donc à le chercher ! »

Le juge Pyncheon, cependant, n’était pas homme à laisser troubler son repos, par les injonctions précipitées que la peur dictait à une femme plus que nerveuse. D’un autre côté, cependant, en raison de l’intérêt personnel qu’il devait prendre à cette affaire, il aurait pu se montrer plus alerte.

« Vous ne m’entendez donc pas, Jaffrey Pyncheon ? cria Hepzibah, qui revenait vers la porte du salon