Page:Hawthorne, La maison aux sept pignons, Hachette, 1886.djvu/303

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C’est tout au plus, remarqua la nouvelle connaissance de Clifford, si je regarderais comme un progrès d’habiter, en même temps, partout et nulle part.

— Vraiment ? s’écria Clifford avec une énergie singulière. À mes yeux, cependant, il est clair comme le jour, — un autre jour que celui-ci, par exemple, — il est clair, dis-je, que les plus grands obstacles entassés sur la route du Bonheur et du Progrès humain, sont précisément ces monceaux de briques et de pierres, consolidés avec du mortier, des poutres et des clous, que les hommes assemblent à grand’peine, instruments de leur propre supplice, et qu’ils appellent leurs maisons, leur « chez soi. » L’âme a besoin d’air, d’un air fréquemment changé, fréquemment renouvelé. Mille influences morbides s’accumulent autour des foyers et polluent la vie que nous y menons. Pas d’atmosphère plus malsaine que celle d’un vieux logis, alors que les ancêtres et parents défunts y jettent leurs exhalaisons vénéneuses… Je parle de ceci en toute connaissance de cause ; j’en parle à propos de certaine maison qui m’est très-familière et dont je me souviens à merveille ; — maison à pignons (il y en a sept), à étages projetés les uns sur les autres, comme vous en voyez parfois dans nos plus anciennes cités. Misérable vieux donjon rouillé, craquelé, délabré, rongé par la pourriture sèche et la pourriture humide, enfumé, hideux et sombre, avec une fenêtre en ogive au-dessus du porche, lequel est flanqué d’une petite porte de magasin et ombragé par un grand orme au mélancolique feuillage… Maintenant, monsieur, chaque fois que cet Hôtel aux Sept Pignons me revient dans la pensée, (ceci est tellement curieux que je ne puis m’empêcher