Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/257

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Aussi l’époque du plus grand luxe d’une nation est-elle ordinairement l’époque la plus prochaine de sa chûte

    culture d’une nouvelle denrée ! Pour naturaliser cette nouvelle denrée dans un pays, il faut un soin et une dépense qui doivent presque toujours laisser à cet égard l’avantage du commerce au pays où cette denrée croît naturellement, et dans lequel elle est depuis long-temps cultivée.

    Il est cependant un cas, peut-être imaginaire, où l’établissement des manufactures et le commerce des arts de luxe pourroit être regardé comme très utile : ce seroit lorsque l’étendue et la fertilité d’un pays ne seroient pas proportionnées au nombre de ses habitants, c’est-à-dire lorsqu’un état ne pourroit nourrir tous ses citoyens. Alors une nation qui ne sera point à portée de peupler un pays tel que l’Amérique n’a que deux partis à prendre ; l’un, d’envoyer des colonies ravager les contrées voisines, et s’établir, comme