Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/265

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fiance aveugle en ses forces qui cache aux hommes la moitié du péril auquel ils s’exposent, ou l’effet d’un violent amour pour la patrie qui leur fait dédaigner les dangers : or le luxe tarit à la longue ces deux sources de courage[1]. Peut-être la cupidité en

  1. En conséquence l’on a toujours regardé l’esprit militaire comme incompatible avec l’esprit de commerce : ce n’est pas qu’on ne puisse du moins les concilier jusqu’à un certain point ; mais c’est qu’en politique ce problême est un des plus difficiles à résoudre. Ceux qui jusqu’à présent ont écrit sur le commerce l’ont traité comme une question isolée : ils n’ont pas assez fortement senti que tout a ses reflets ; qu’en fait de gouvernement il n’est point proprement de question isolée ; qu’en ce genre le mérite d’un auteur consiste à lier ensemble toutes les parties de l’administration ; et qu’enfin un état est une machine mue par différents ressorts,