Page:Henri Grégoire.- De la traite et de l'esclavage des noirs et des blancs, 1815.djvu/15

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À peine ai-je tracé ces mots, qu’on me crie en anglais et en français ; The king can do no wrong, le roi ne peut faire mal. Actuellement, en France comme en Angleterre, on accorde fictivement au chef de l’État la faculté d’être infaillible et impeccable. La responsabilité ne pèse que sur les ministres. C’est donc contre des actes ministériels que sont dirigées nos observations ; mais, comme dans la stipulation de la traite des Nègres, ils n’étoient que les organes des marchands d’hommes, il n’est pas inutile d’envisager un moment la conduite que, depuis vingt-cinq ans, ont tenue la plupart de ces derniers.

Jadis ils avoient mis sérieusement en problème, si les Noirs pouvoient être comptés dans la classe des êtres raisonnables. Bientôt il fallut céder à la multitude des faits qui, sur cet article, les assimilant aux Blancs, attestent l’identité et l’unité de l’espèce humaine. Les partisans de la traite déclarent présentement qu’il est absurde d’élever des doutes à cet égard ; ils se réduisent à contester aux Noirs des facultés in-