Page:Henri Grégoire.- De la traite et de l'esclavage des noirs et des blancs, 1815.djvu/21

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« Des soldats, nous dit-il, passent aux verges, aux courroies, sont fusillés ; faut-il pour cela supprimer les militaires[1] ? » Les notions les plus simples du sens commun repoussent toute parité entre des punitions infligées en vertu d’un jugement fondé sur les lois militaires et les punitions arbitraires infligées aux esclaves.

Si l’on en croit beaucoup de planteurs, les esclaves, travaillant sous le fouet d’un commandeur, y étoient plus heureux que nos paysans d’Europe, quoique jamais il n’ait pris envie, même à aucun de ces prolétaires des Colonies, nommés Petits Blancs, d’échanger sa situation avec celle d’un Noir ; et, en dépit des argumens par lesquels on veut convaincre ces Noirs de leur bonheur, ils s’obstinent à ne pas y croire.

Notre intérêt, disent les Colons, n’est-il pas de ménager nos esclaves ? Les charretiers de Paris tiennent précisément le même langage en parlant de leurs chevaux qui, par une mort

  1. Voyez Mémoire sur l’Esclavage colonial, etc., pag. 18.