Page:Henri Grégoire.- De la traite et de l'esclavage des noirs et des blancs, 1815.djvu/23

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En la continuant que deviendront la justice et l’humanité ?

Rappellerai-je les inculpations bannales et les mensonges multipliés dont la répétition tenoit lieu de preuves ? Ils assuroient que les amis des Noirs vendus aux Anglais, payés par les Anglais et par les Noirs, étoient ennemis des Blancs et vouloient faire égorger les Blancs ; comme si l’on ne pouvoit pas et si l’on ne devoit pas simaltanément aimer les uns à l’égal des autres.

Lorsqu’à l’Assemblée Constituante une discussion avoit eu lieu sur le sort des esclaves ou des sang-mêlés, les députés qui avoient demandé qu’on restreignît l’autorité des maîtres pour étendre celle de la loi, devenoient par là même les objets de l’animosité de ceux-ci, qui le lendemain faisoient crier dans les rues : « Voici la liste des députés qui, dans la séance d’hier, ont voté en faveur de l’Angleterre contre la France. » Le sentiment qui rattache les hommes de bien à la défense des Africains, s’est renforcé par l’indignation qu’inspirent les libelles de certains individus qui, d’après leur