Page:Henri Grégoire.- De la traite et de l'esclavage des noirs et des blancs, 1815.djvu/31

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mahométisme. D’ailleurs, on outrage la religion de l’évangile, en voulant faire croire qu’elle peut approuver ce que la loi naturelle condamne[1].

Tandis que, par delà le Pas-de-Calais et l’Atlantique, la vertu et l’éloquence déploient tant d’efforts contre le commerce de la liberté humaine, quel scandale présentent chez nous le silence et l’indifférence même des hommes qu’on désigne sous le titre de gens de bien ! Peut-on citer une seule pétition d’une ville, ou d’une corporation, contre l’article du traité relatif à la traite, qui, en Angleterre, a soulevé toutes les âmes ? Nous avons au contraire à déplorer le scandale d’une pétition arrivée de Nantes ; qui sollicite la prolongation des malheurs de l’Afrique afin d’enrichir quelques Européens.

Sons l’Assemblée Constituante, beaucoup d’hommes éclairés eussent rougi de se mettre en contradiction avec eux-mêmes et avec cette

  1. V. Bosquexo del Commercio en Esclavos, etc., par Blanco ; 8°., London, 1814.