Page:Henri Grégoire.- De la traite et de l'esclavage des noirs et des blancs, 1815.djvu/37

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fourberie anglaise : l’accusation fût-elle vraie, il seroit également vrai qu’au moins, sur cet article, l’intérêt de l’humanité coïncide avec celui du gouvernement britannique.

Les marchands d’hommes convoqueront peut-être l’arrière-ban de la littérature pour prouver que des réclamations faites au nom de la religion et de l’humanité portent l’empreinte du jacobinisme et du jansénisme ; ils pourront même au besoin faire retentir les chaires chrétiennes devenues en divers lieux des arènes du haut desquelles la haine verse ses poisons avec une hypocrisie ascétique. Il y a sans doute dans le clergé des hommes trompés, comme l’étoit ce bon abbé Pey qui, je ne sais plus dans lequel de ses ouvrages, s’avoue naïvement partisan de l’esclavage d’après ce que lui a raconté un planteur ; la Sorbonne professoit sur cet objet une doctrine bien différente, à une époque où aucune influence étrangère ne modifioit ses décisions. Celle qu’elle rendit en 1697 contre la traite et l’esclavage fut mal accueillie des Colons, à ce que nous apprend le P. La-