Page:Henry - Les Littératures de l’Inde.djvu/168

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LES il i il i; \ Il RES DE L'INDE

Parmi les nombreuses variations qu'a inspirées le thème de la fontaine de Jouvence, -l'eaulim pide où le soleiJ \ ieilli se plonge chaque soir pour rajeunir au matin, — je n'eu sais pas de plus poé tiquemenl touchante. Quand les Hindous, si crus en matière d'amour, parlent de l'amour conjugal, ils 3 déploient des raffinements de délicatesse qu'au- cune littérature u'a dépassés.

Il- ont mieux que des Pénélopes en grand nombre: ils ont presque une Alceste,(dont l'aventure a seu lement pâti d'un fâcheux déiayage. Il est facile de l'en dégager.

Sâvitrî, la princesse aux yeux bleus, parvenue a l'âge nubile et invitéeà faire son choix, l'a porté sur le vertueux Satyavat, qui vit avec son père aveugle, roi dépossédé, dans une forêt sauvage remplie de pieux ermitages. Le voyant Nârada lui révèle que Satyavat doit mourir au bout d'un an : - toujour> le rappel du soleil, diurne ou annuel, c'est l'incons- ciente obsession du folklore; — mais Sâvitri a donné son cœur et ne le reprendra point. Elle épouse -on bien aimé, vit avec lui et ses parents dan> leur pauvre retraite, et. lorsqu'approche la (in de l'année, en passe les trois derniers jours dans un jeûne rigoureux. Le quatrième, au matin, Sa- tyavat se dispose à aller couper du bois, et Sâvitrî, malgré son extrême faiblesse, insiste pour nelepa- quitter.

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