Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/173

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jourd’hui, il faudra accorder à leur opinion une grande attention.

Je montrerai en rapportant l’histoire du 3e livre des Épidémies que, dès les temps les plus anciens, les commentateurs n’avaient plus aucune lumière à tirer de l’examen des manuscrits touchant la légitimité ou l’illégitimité des différentes parties de la Collection hippocratique. Il n’y avait plus aucun autographe à consulter. La Collection, en bloc, était dans la circulation ; et il ne restait plus de caractères d’authenticité que pour les livres que l’on savait, de science certaine, par une voie ou par une autre, avoir été publiés dès le temps même d’Hippocrate. Tout le reste était livré à la discussion des critiques.

Les discussions, en effet, n’ont pas manqué, mais le temps nous les a toutes enlevées. Érotien avait discuté l’authenticité des Prorrhétiques, et on peut croire qu’il avait traité de chacun des écrits hippocratiques en particulier. C’est du moins ce que donnent à entendre quelques mots de sa préface, par lesquels il renvoie le lecteur à ses explications de chaque partie[1], surtout si l’on rapproche ces mots de ce qu’il avait promis sur les Prorrhétiques, et sur un autre point que j’ai cité plus haut (page 99). Cette dissertation serait pour nous très intéressante, mais il n’en existe plus aucune trace.

Galien avait composé un livre spécial où il examinait les titres d’authenticité de chacun des écrits de la Collection hippocratique. Ce livre a complètement péri. Dans ceux de ses Commentaires qui nous ont été conservés, il s’occupe uniquement du côté médical des livres hippocratiques, et ce n’est qu’en passant qu’il nous parle des doutes exprimés sur tel ou tel livre, et de l’origine qu’on attribuait à telle ou telle

  1. Ἐν τῆ ϰατὰ μέρος ἐξηγήσει, p 6, Ed. Franz.