La richesse est de toutes les supériorités la plus universellement appréciée, la plus visible, la moins aisée à contester. Nulle autre ne se traduit d’une manière aussi éclatante par certains signes, lesquels ne sont autres que le luxe même.
Le luxe est son emblème, et comme son enseigne aux yeux de la foule.
Riche, on voudra paraître ce qu’on est, et même un peu au delà ; pauvre, on voudra paraître ce qu’on n’est pas, c’est-à-dire riche, du moins dans une certaine mesure ; cela n’est pas impossible, car si la richesse ne s’emprunte pas, les signes de la richesse s’empruntent et peuvent être imités.
Telle est la nature de ces vanités inquiètes, ardentes à la poursuite de ce bien idéal, l’opinion.
Peu à peu elles créeront des nuances très-subtiles auxquelles elles attachent un prix infini : elles voudront les objets en raison de ce qu’ils sont rares, difficiles à atteindre : on verra même cette vanité détruire pour détruire, anéantir des valeurs immenses comme pour se mettre au-dessus de ces pertes, dont l’idée seule frappe la foule de stupeur.
Ainsi naît le faste, ou le luxe d’ostentation.
La seconde source du luxe, ce sont les recherches sensuelles.
Les théologiens lui ont donné un nom ; ce n’est plus l’orgueil, c’est la concupiscence[1].
L’homme n’est pas seulement un être vaniteux, enflé