Page:Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v9.djvu/279

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DES DEUX Indes. 265

trainte iRTupportable ; fi notre avantage n’étoit pas fans ceffe facrifié au vôtre ; fi nous n’avions pas à foutfrir une foule d’opprefTions de détail de la part des gouverneurs, des juges , des gens de finance, des gens de guerre que vous nous envoyez ; û. la plupart en arrivant dans nos climats , ne nous apportoient pas des caraûères avilis , des fortunes ruinées , des mains avides & rinfoicnce de tyrans fubalternes , qui , fatigués dans leur patrie d’obéir à des loix , viennent fe dédommager dans un Nouveau-Monde, , en y exerçant une puiffance trop fouvent arbitraire. Vous êtes la mère-patrie : mais loin d’encourager nos progrès , vous les redoutez , vous enchaînez nos bras , vous étoiiiîez nos forces naiffantes. La nature , en nous favorifant, trompe vos vœux fecrets ; ou plutôt , vous voudriez que nous rellafîions dans une éternelle enfance pour tout ce qui peut nous être utile , & que cependant nous fufTions des efclaves robuiles pour vous fervir & fournir fans ceiïe à votre avidité de nouvelles fources de richeiTes. Efl-ce donc là une mère ? efl-cc une patrie ? Ah , d^ns les forêts qui nous environnent ,