Page:Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v9.djvu/285

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DES BEU X Indes. 2yï tonnes , & vous montrant les cieux ouverts. Prêtres du Nouveau- Monde , il en eft tems ; expiez l’ancien fanatifme qui a défolé & ravagé l’Amérique , par un fanatifme plus heureux, né de la politique & de la liberté. Non , vous ne tromperez pas vos concitoyens. Dieu , qui cû le principe de la juflice & de l’ordre , hait les tyrans. Dieu a imprimé au cœur de l’homme cet amour facré de la liberté ; il ne veut pas que la fervitude aviliffe & défigure fon plus bel ouvrage. Si l’apothéofe eu. due à l’homme , c’eft à celui fans doute qui combat & meurt pour fon pays. Mettez fon image dans vos temples, approchez -la des autels. Ce fera le culte de la patrie. Formez un calendrier politique & religieux , où chaque jour foit marqué par le nom de quelqu’un de ces héros qui aura verfé {&n fang pour vous rendre libres. Votre poftérité les lira un Jour avec un faint refped : elle dira , voilà ceux qui ont affranchi la moitié d’un monde , & : qui , travaillant à notre bonheur quand nous n’étions pas encore , ont empêché qu’à notre naifTance nous entendilîions des chaînes retentir fur notre berceau.