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AETIUS

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aujoui’d'hui perdus. Cet ouvrage, dont Galion, Dioscoride et Oribase ont fait les principaux frais, a pour titre : ’la-rptxà éxxaiSsxa (seize livres demédecine), et est divisé en quatre tetrabïblia. Les trois premiers livres traitent de la matière médicale et de la phamnacologie ; ’le 4"^, de

l’hygiène, de la diététique, de l’éducation des enfants , etc. ; le 5^, de la doctrine et du traitement des tièvres ; le 6^, des maladies de la tête et du cerveau ; le 7®, des maladies des yeux ; le 8^, des affections de la face , du larynx , des poumons , etc. ; le 9°, des maladies de l’estomac et du tube digestif ; le 10^, des affections de la rate et du foie ; le 11^, des maladies des voies urinaires et des organes génitaux ; le 12®, de la sciatique , de la goutte et du rhumatisme ; le 13°, de la morsure des animaux venimeux et des affections de la peau ; le 14"^, des plaies , des ulcères, des abcès, des hémorroïdes, etc. ; le 15",

de la préparation de diverses espèces d’emplâtres ; le 16", de la grossesse, des maladies des femmes , etc.

Aëtius a beaucoup copié Galien. Cependant son ouvrage est précieux en ce qu’il renferme plusieurs passages de livrées perdus, et qu’il peut servir à corriger le texte d’Oribase et de Galien. Le livre qui traite des fièvres est un des traités les plus complets. Aëtius a le premier décrit exactement le ver de Guinée ( dracunculus vena Medinensis. ) Il traite l’anévrisme de l’artère brachiale au pli du coude par une méthode q>ii rappelle tout à fait celle de J. Hunter et Abernethy. Il indique aussi , dans les maladies des yeux , plusieurs procédés opératoires qui ont tous l’assentiment des chirurgiens modernes. Dans la lithotomie, il conseille de renfermer le bistouri dans un tuyau, pour éviter la lésion des parties génitales. Dans sa matière médicale, exposée très-méthodiquement, il donne plusiem’s préparations pharmaceutiques qui ont été longtemps en vogue. On y trouve aussi un grand nomlore de cosmétiques pour la pousse et la teinture des cheveux. Quelques applications de remèdes devaient être accompagnées de certaines invocations , dans l’esprit du temps. Ainsi , il fallait répéter plusieurs fois à voix basse : « Que le Dieu d’Abraham , le Dieu d’Isaac , le Dieu de Jacob accorde une efficacité à tel médicament ! » — Dans les cas d’asphyxie par l’introduction d’un corps étranger dans le gosier, il fallait toucher le cou du malade , et dire : « De même que Jésus-Christ a ressuscité Lazare et fait sortir Jonas d’une baleine , sors dermême, toi, os, esquille, etc. » Selon Boerhaave, l’ouvrage d’Aëtius doit être pour le médecin ce que les Pandectes de Justinien sont pour le jurisconsulte. Cet ouvrage entier avec le texte grec n’a pas encore été publié ; il n’en a paru que la première moitié, sous le titre : ActU Amideni librorum medicinalïum tomus primus , primi scilicet libri octo mine prinmm in lucein editi giwce ; Venise (Aide), 1534, iu-fol. Cornarius a domié une traduction latine de tout l’ouvrage , Bâle , 1542, in-fol. ; souvent réimprimée, Bâle, 1549, in-S" ; Venise, 1543, 1544, in-S". C . Weigel et F.-R . Dietz avaient entrepris une édition complète du texte grec d’Aëtius ; mais cette entreprise , à peine ébauchée, ne paraît devoir être terminée que par un de nos plus savants médecins, M. le docteur Daremberg, qui nous a déjà donné Oribase. Quelques chapitres du 9" livre ont été publiés en grec et en latin par J. - E. Hebenstreit , sous le titre : Tentamen pMlologicum medicum super Aetii AmidË7ni Synopsis Medicorum veterum, etc. ; Leipzig, 1757, in-4° ; et, dans la même année : Aëtii Amidemi ’AvcxSÔTcov Spécimen alterum. Un autre chapitre du même livre a été édité en grec et ea latin par J. Magnus à Tengstrom, sous le titre Commentationum in Aetii Amideni medici AvexSota Spécimen primum ; Aboae, 1817, in-4°. Enfin, un autre extrait du 9*^ livre a été^ inséré par Mustoxydes et Schinas dans leur SuXXoyv) ’E),Xyivixwv ’AvexôÔTwv ; Venise, 1816, in-S". Lon|^emps avant ces travaux, J. Cornarius avait donné en latin six livres des Telrabiblia (du 8° au 13" inclusivement ) ; Aëtii Antiocheni ( se. Amideni ) medici de cognoscendis et curandis morbis Sermones sex jam primum in lucem, Basilese, 1513, in-fol. ; et J. -B . Montanus avait traduit en latin les dix autres livres ; Bâle, 1535, 2 vol. in-4°. Enfin, avant la traduction latine complète de Cornarius, avait paru l’édit. des Junte, à Venise, 1534, in-4’*

et avant les entreprises partielles d’Hebenstreit et d’autres, J.-C. Horn avait publié en grec et en latm le 24" chapitre du 9" livre , Leipzig, 1654, in-4° ; et Petau avait inséré dans son Utanologion le chapitre ( Tetrab. 1, serm. 3, c. 164) De significationibus stellarnm. A tout cela il faut joindre : C. Oroscius ( Horozco ) ,

Annotationes in interprètes Aëtii, BasileJK, 1540, in-4°, et C. Weigel, Aëtianarum exercitationum Spécimen ; Leipzig, 1791,in-4°. On trouve des manuscrits d’Aëtius dans les bibliothèques de Paris, de Vienne, du Vatican et de Florence. Haenel indique aussideuxmanuscrits complets dans la bibliothèque de Middlehill en Angleterre , et dans la bibliothèque de l’Escurial. H ne faut pas confondre ce médecin avec Aëtius Siculus, auquel est, dit-on, emprunté le livre De atrabile attribué à Galien , ni avec Aëtius Cletus, de Segni, auteur du Dodecaporion chalcanthinum, Rome, 1620, in-4°, et d’un traité i)e morbo strangulatorio ;’RomG, 163é, in-8°.

F. H.

Freind’s Hist. of Physic. — Sprcnscl, Histoire de la médecine, II, 200. — Fabriciiis, Bibliot/ieca grxca, VIII, 318 ; XllI, 40, éd. Har. — Weigel, ^ctjfm. Exercit. Spec.

Cognatus, yar. Obs., IV, 18.

Choulant, HandbucU

der Bûcherkundefiir die Jeltere Medicin. — M. Daremberg, Plan d’une publication des œuvres d’Oribase. AisTius L’ATHÉE, hérésiarque du quatrième, ; siècle, mort à Constantinople en 366, était Iç