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ZARATE —

il esquissa l’histoire de la conquête jusqu’à la fin de la mission décisive de La Gasca. Alcedo (Bibl. americana , ms.) lui adresse le reproche d’inexactitude. Il est certain qu’il écrivit avec quelque passion ; mais on ne voit pas que l’esprit de parti l’ait jamais porté à altérer la vérité. Sa narration est semée de réflexions profondes et de commentaires pleins de jugement qui servent beaucoup à éclaircir les parties obscures de, cette période agitée ; mais il ne faut lui demander ni l’élégance, ni même la précision du style. L’Historta del descubrimiento y conquista del Péril parut à Anvers, par les soins de l’auteur, 1555, pet. in-80 ; elle fut réimpr. à Séville, 157’, in-fol., et avec celle de Xérès, Madrid, 1729, 1737, in-fol., et trad. en italien par Alf. Ulloa (Venise, 1563, in-4o), et en français par de Broë (Amst., 1700, 2 vol. in-12 ; Paris, 1742, 2 vol. in-12, et 1831, 2 vol. in-8o). E. Baret. N. Antonio, Bibl. hispana nova. — Prescott, Hist. of the r.onquest of l’eru, t. Il, p. 302. — Tlcknnr, Hist. de la littér. espagnole, t. II, p. 128.

ZARATE { Francisco- Lopez de), poète espagnol, né vers 1590, à Logrono (Vieille-Castilie), mort le 5 mars 1658, à Madrid. Il suivit la carrièie des armes, et parcourut diverses contrées de l’Europe. De retour en Espagne, il se concilia par son esprit et sa bonne humeur la faveur de Rodrigue de Calderon, qui se l’attacha d’abord comme secrétaire , et le fit ensuite entrer dans la chancellerie d’État. Mais Zarate était né poète ; il renonça bientôt au tracas des affaires pour reprendre sa liberté , et vécut en véritable philosophe, modeste, satisfait de peu, occupé à revoir et à perfectionner sans cesse ses ouvrages. Vers la fin de sa vie, la paralysie le rendit perclus de tous ses membres. Son œuvre capitale est un poème lyrique, /a Invencionde ^aCrws (Madrid, 1648, in-4°), composé de 22 chants en strophes de 8 pieds, et surchargé d’éléments romanesques, qui en rendent la lecture fatigante. Contemporain de Cervantes, de Lope de Vega, de Silveyra, de Montalvan, il s’exerça comme eux dans plusieurs genres. Il remporta un prix de poésie au concours qui eut lieu, en 1620, lors de la béatification d’Isidore le Laboureur. Il a laissé aussi des Églogues et une tragédie â’Nercule, qu’il estimait beaucoup. II réunit ses productions sous le titre d’Obras varias (Madrid, 1651, in-4). N. Antonio, Bibl. hisp. — Ticknor, Hist. of spaJ^is^ literature.

ZARCO (Joâo-Gonçalvez) , navigateur portugais, né à la fin du quatorzième siècle, mort au quinzième. Il appartenait à une famille noble, et occupa un rang distingué à la cour de Jean Icr. II n’était probablement que simple écuyer de l’infant don Henri, lorsqu’il suivit l’expédition de Ceuta (1415). Il avait sans doute acquis une certaine expérience de la mer, puisqu’il fut choisi par don Henri, avec Tristan Vaz, pour aller explorer l’Océan (1417). lis naviguèrent le long de la côte d’Afrique , et restèrent longtemps sans prendre la haute mer. Leur frêle embarcation ^OUT. BIOGR. GÉNÉR, — T. XLVI,

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fut bientôt !e jouet d’une tempête, et poussé par les vents , Zarco aborda à une petite île déserte, voisine de Madère, et qui, devenant à ses yeux un heureux refuge, prit le nom de Porto j Santo. Lors d’un second voyage dans sa nouvelle i conquête les colons lui racontèrent qu’on apercevait au sud-ouest une forme ténébreuse et immobile. Zarco s’embarqua aussitôt sur un léger barinel , avec Alcaforado , et l’espace qui le séparait de la terre inconnue fut bientôt franchi. Ce fut ainsi que la résolution de l’entreprenant écuyer donna la possession de Madère à la couronne de Portugal (8 juill. 1419). Notre marin se maria dans la noble famille de Sa ; une partie de l’île de Madère lui fut concédée, avec titre de donataire. Ses enfants prirent le nom de Camara en souvenir de certaine grotte peuplée de loups marins, que leur père avait visitée lors de ses premières explorations de l’Ile (1). Cette famille s’est perpétuée, et M"ie da Camara, l’institutrice de la reine Maria II, en descendait directement. F. D.

Aziirara, Conquista de Cuiné. — Barres, da Àsia, U" décade. — A. de Souza, Memorias hist. e geneal, dos Grandes de Portugal.

ZARLINO (Ghiseppe), savant musicien italien , né en 1519, à Chioggia (État de Venise), mort le 14 février 1590, à Venise. Il avait reçu les ordres sacrés lorsqu’il vint habiter Venise (I54I), où il eut Willaert pour maître de contrepoint. La publication de ses Institutions harvioniques le rendit célèbre : il obtint l’emploi de maître de diapelle à Saint-Marc ( 5 jiiill. 1 565), et le con.^erva jusqu’à sa mort. En outre il était chapelain de Saint-Sévère, et chanoine de sa ville natale. Plusieurs écrivains du temps ont accordé des louanges enthousiastes à Zarlino ; sous le rapport de l’invention, ces louanges ne paraissent pas justifiées. Du reste on ne connaît de lui comme œuvre d’art pratique que le recueil intitulé Modulattones VI vocum (Venise, 1566, in-4o), et contenant vingt-six morceaux, qui se distinguent par une grande habileté de facture. Toutefois les travaux de Zarlino dans la théorie musicale suffisent à le placer, suivant Fétis, au rang des plus grands musiciens de l’Italie. En voici les titres •.lstituzioniharmonicke ;Yettis(i, 1558, 1562, 1573, 1588, in-fol. : ce répertoire, « où tous les théoriciens ont puisé pendant près de deux siècles » , renferme entre autres choses un bon traité du contre-point ; une version française manuscrite par J. Le Fort est à la Bibl. imp. ; — Dimostrazioni harmoniche ; ibid., 1571, 1573, in-fol. : un des objets de ce livre, hérissé de calculs et écrit dans un ton pédan- (1) Une tradiUon, dont nous ne saurions discuter ici le plus ou moin.i d’exactitude, veut que Zarco soit le premier qui ait Introduit l’usage de l’arliilerie à bord des navires. Manoel Thomas a dit dans le poiime à’insulana, liv. I, est. 83 :

Bcm lie verdade, que este o Lusitano S Primeiro fol, no niar corn nome eterno, Que usou da dura frulta do infernn. 31