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LABRADOR ET ANTICOSTI

quantité du sable magnétique, constitué par de la poussière de fer presque à l’état de pureté complète. Or l’on venait de trouver le moyen facile de transformer ce fer en un très bon acier. Il se forma une association, la Compagnie Lomothe et Viger, pour se livrer à cette exploitation. Ce fut vers 1865 que l’on commença les travaux à Moisie. Il arriva plus tard que M. Molson devint propriétaire de toutes les actions de la Compagnie et par conséquent de tout ce qu’elle possédait, et l’entreprise continua sa marche, sous cette nouvelle direction.

Cette exploitation donnait de l’emploi, à Moisie, à trois ou quatre cents hommes. On voit que l’entreprise était importante.

Ce qui attirait davantage l’attention du visiteur, c’étaient les douze grands fourneaux où l’on produisait le charbon de bois nécessaire à la réduction du minerai. Chacun de ces fours, construit en brique, avait la forme d’un hémisphère dont les dimensions de hauteur de la voûte et de diamètre de la base étaient de quarante pieds ; il pouvait contenir de cent à cent trente cordes de bois, sapin, épinette, bouleau. Une large plateforme, partant du sol, avait été construite au-dessus de tous ces fourneaux, et les voitures allaient jeter le bois dans chaque fourneau, au moyen d’une trappe ménagée au sommet et qui s’ouvrait dans la plate-forme. Des ouvriers placés à l’intérieur donnaient ensuite à ce bois la disposition voulue.

L’usine, construite aussi sur le bord de la rivière, était une grande et longue construction. Le sable magnétique y était d’abord soumis au mécanisme d’une machine qui le séparait de toutes les matières étrangères qui pouvaient y être mêlées. Puis on le mettait fondre, avec du charbon de bois, dans les fourneaux, qui étaient au nombre de six et qui jour et nuit étaient en activité. Ce qui sortait de là, c’était de l’acier de première qualité, que l’on envoyait à Montréal, où il était mis en barres de différentes formes et grosseurs. — On le travaillait aussi en une grande usine que les Québecquois d’un certain âge se rappellent certainement avoir vue dans le village Stadacona, sur les bords de la rivière Saint-Charles, non loin du pont Bickell.