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ÎLE D’ANTICOSTI

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L’exploration dont je viens d’analyser le rapport s’était terminée au commencement du mois de novembre (1895). Dès le 2 décembre, une dépêche de Paris, passant par Londres, annonçait l’achat de l’île par M. Menier, pour le prix de $160, 000. C’est-à-dire qu’il n’avait fallu que le temps de transmettre par la poste les notes de l’explorateur, pour décider le millionnaire parisien à conclure l’importante affaire dans laquelle il hésitait auparavant, et non sans motif, à s’engager.

Dès le mois de janvier, des agents de M. Menier venaient à Québec donner la commande de nombreuses constructions à élever sur l’extrémité occidentale de l’île. Puis on demandait, par la voie des journaux, à acheter à bons prix un certain nombre d’orignaux, de caribous, de castors et de chevreuils vivants, destinés à être transportés à l’Anticosti, où ces animaux n’existaient pas encore.

Au mois d’avril, on voyait arriver à Québec le gouverneur de l’île d’Anticosti, M. Louis Commettant, fils d’un ancien journaliste parisien.

Enfin, le 1er juin, M. Menier lui-même arrivait à la baie des Anglais sur son yacht à vapeur, le Velléda, et consacrait quelques semaines à la visite de sa propriété.

Durant l’été (1896), il s’est fait beaucoup de travaux entre la baie de Gamache et la baie des Anglais, qu’un chemin carrossable relie maintenant. C’est la Baie-des-Anglais qui est le chef-lieu de la nouvelle colonie, où réside le gouverneur. On y construit actuellement une église et un presbytère pour le prêtre chargé d’exercer le saint ministère sur l’île. D’après une sorte de convention arrêtée entre l’évêque de Chicoutimi et M. Menier, ce missionnaire recevra désormais un traitement du propriétaire même de l’île, dont les habitants seront exempts de toute contribution destinée au soutien du prêtre.

Et, à ce propos, le public canadien apprit avec bonheur que