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NATASHQUAN

qu’au fait qu’il y a maintenant, en divers points de la Côte, un bon nombre de « traiteurs » qui leur avancent des marchandises ; de là vient que les sauvages se dispersent à présent dans un plus grand nombre de postes.

Vers 1857, les sieurs De LaParelle, de l’île Jersey, fondèrent un établissement de pêche[1] au fond de la baie dont j’ai parlé, où se jette la petite rivière Natashquan, la grande rivière de même nom ayant son embouchure à quelques milles plus loin, au bout de la longue pointe que j’ai aussi signalée et qui s’avance considérablement dans la mer.

Comme on le sait, l’abbé Ferland, l’historien bien connu, fit un voyage au Labrador durant l’été de 1858. Le 31 juillet, la goélette qui le portait dut relâcher à Natashquan à cause du vent contraire. La colonie acadienne qu’il y trouve se compose, dit-il,[2] de quinze familles, unies entre elles par les liens de la parenté. La maison De LaParelle employait une trentaine d’hommes, venus de Berthier et des paroisses voisines, à pêcher la morue. Comme on le voit, ce n’est pas d’hier que les gens de la rive sud du fleuve vont passer l’été à faire la pêche sur la Côte Nord. Le 1er d’août, qui était un dimanche, M. Ferland alla donner la mission aux gens de Natashquan, et célébra le saint Sacrifice dans la maison du père Victor Cormier, où se retiraient les missionnaires dans leur visite annuelle sur la Côte. Eh bien, j’eus le plaisir d’entendre dire à M. Jean Vigneau, l’un des vieillards que j’interrogeais, qu’il avait assisté à cette mission donnée par M. Ferland.

Un mois avant la visite de M. Ferland, les PP. Babel et Bernard, O. M. T., avaient aussi donné la mission à Natashquan. « Les maisons de Nataskouan[3], continue le narrateur, sont

  1. La maison De LaParelle exploita cet établissement durant environ vingt-cinq ans, et le céda ensuite à la Compagnie Robin.
  2. Ferland, Le Labrador, pp. 293 et suivantes de la « Littérature canadienne de 1850 A 1860.»
  3. L’orthographe Natashquan a prévalu et s’emploie maintenant partout. Par exemple, on prononce Nataskouane : et cette terminaison sonore «ane» doit vraisemblablement nous venir des Anglais, sinon des Montagnais ; car beaucoup de localités du Labrador sont désignées par des mots de langue montagnaise. (A.)