Page:Huard - Labrador et Anticosti, 1897.djvu/435

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
417
LES HABITANTS DE LA CÔTE NORD

a pas, comme on l’a vu, à compter sur la culture de la terre dans cette région, qui ne sera jamais un pays agricole.

Mais, à part cette grande industrie de la pêche, il n’est pas impossible que, dans un avenir plus ou moins prochain, on utilise en ce pays quelques autres ressources, aujourd’hui à peu près inexploitées.

Par exemple, les duvets et les plumes des oiseaux de mer pourraient donner lieu à un commerce de quelque importance.

Les plantes marines pourraient servir à la fabrication de précieux engrais végétaux ; il serait facile aussi d’en extraire divers produits très employés dans l’industrie et dans les arts. Les forêts de ce territoire étant composées d’arbres résineux, on y exploitera quelque jour l’industrie des gommes, des résines, et même des goudrons.

Enfin, les déchets de poissons et de phoques pourraient fort bien servir à la fabrication d’une sorte de guano artificiel, comme cela se pratique dans les provinces de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick.

Quant à la chasse des animaux à fourrures, elle n’a plus sans doute l’importance qu’elle eut jadis. C’est toutefois une ressource qui ne s’épuisera jamais entièrement. Et comme, avec le temps, les territoires de chasse diminuent toujours d’étendue, et que, d’autre part, l’utilisation des fourrures s’accroît constamment, la valeur de la pelleterie ne fera qu’augmenter. Il y a donc là, pour la Côte Nord, une source de revenus dont l’on n’a peut-être pas encore vu le plus haut degré de développement.

Ainsi donc, il ne manquerait pas de petits « négoces » qui pourraient s’exercer sur la Côte Nord, et qui amèneraient décidément l’aisance en beaucoup de foyers. Mais, suivant les probabilités, bien des années se passeront avant que l’on se livre à ces industries, surtout si l’initiative en est laissée aux habitants de ce pays, qui ne peuvent guère commencer eux-mêmes ce nouveau genre d’affaires, pour lequel il faudrait avoir d’abord quelques connaissances spéciales et un peu d’argent à risquer. Un jour, peut-être, quelque capitaliste ou