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LABRADOR ET ANTICOSTI

de l’exploitation agricole, de même les enfants du pêcheur se familiarisent de bonne heure avec la mer et prennent insensiblement le goût de la navigation.

Le Canada possède déjà une marine de commerce qui le place non loin des sommets dans la série des nations maritimes. Et certes, baigné comme il l’est par une si grande étendue de mers, il a une population côtière très considérable. Les bons marins ne lui font pas défaut. Comme on le sait, les Canadiens-Français et les Acadiens entrent pour une forte proportion dans le nombre total de nos navigateurs, et, dans cette carrière comme dans bien d’autres, ils ne sont inférieurs à personne ni par la science ni par l’adresse, ni pour la vigueur dans le travail, ni pour le courage dans les périls.

Un jour, assurément, le Canada devra se pourvoir aussi d’une marine de guerre ; cela deviendra particulièrement nécessaire le jour où, par la rupture du lien colonial, il prendra place au nombre des États indépendants. Nous pouvons être certains que s’il y a jamais, dans cette carrière de la guerre maritime, des lauriers à conquérir pour les marins du Canada, nos compatriotes d’origine française sauront en prendre leur part !

D’ailleurs, si les prévisions patriotiques d’un grand nombre d’entre nous se réalisent quelque jour ; si, à la faveur de transformations politiques dont la Providence a le secret, notre province française devient elle-même un pays autonome, ah ! alors notre bien-aimée patrie aura son rôle à jouer non seulement sur le continent américain, mais encore sur les mers, à raison de la position exceptionnellement avantageuse qu’elle occupera à l’un des meilleurs endroits de l’Atlantique. Et si l’occasion s’en présente jamais, non seulement les troupiers de l’infanterie française d’Amérique, mais aussi nos robustes soldats de marine — les gars de la Côte Nord — ajouteront de belles pages au chef-d’œuvre qui a pour titre : Gesta Dei per Francos