Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/172

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pour, moi contre. Nous nous sommes serré la main. Je suis rentré à minuit.


29 octobre. — Visite du Comité des gens de lettres, de Frédérick Lemaître, de MM. Berton et Lafontaine, de Mme Favart (pour un troisième canon qui s’appellerait le Victor Hugo). Je résiste au nom.

J’ai autorisé un quatrième tirage de trois mille exemplaires des Châtiments. Ce qui fera en tout jusqu’à ce jour onze mille exemplaires pour Paris seulement.


30 octobre. — J’ai reçu la lettre de la Société des gens de lettres me demandant d’autoriser une lecture publique des Châtiments dont le produit donnera à Paris un canon qu’on appellera le Victor Hugo. J’ai autorisé. Dans ma réponse, écrite ce matin, je demande qu’au lieu de Victor Hugo on appelle le canon Châteaudun. La lecture se fera à la Porte-Saint-Martin.

M. Berton est venu. Je lui ai lu l’Expiation qu’il lira. M. et Mme Meurice et d’Alton-Shée assistaient à la lecture.

La nouvelle arrive que Metz a capitulé et que l’armée de Bazaine s’est rendue.

La lecture des Châtiments est affichée. M. Raphaël Félix est venu m’informer de l’heure de la répétition demain. Je loue pour cette lecture une baignoire de sept places, que j’offre à ces dames.

Ce soir en rentrant, rue Drouot, j’ai rencontré devant la mairie M. Chaudey, qui était du Congrès de la Paix à Lausanne et qui est maire du vie arrondissement. Il était avec M. Philibert Audebrand. Nous avons causé de la prise de Metz.


31 octobre. — Échauffourée à l’Hôtel de Ville. Blanqui, Flourens et Delescluze veulent renverser le pouvoir provisoire Trochu[1] — Jules Favre. Je refuse de m’associer à eux. Prise d’armes. Foule immense. On mêle mon nom à des listes de gouvernement. Je persiste dans mon refus.

Flourens et Blanqui ont tenu une partie des membres du gouvernement prisonniers à l’Hôtel de Ville toute la journée. — À minuit, des gardes nationaux sont venus me chercher pour aller à l’Hôtel de Ville, présider, disaient-ils, le nouveau gouvernement. J’ai répondu que je blâmais cette tentative, et j’ai refusé d’aller à l’Hôtel de Ville. — À trois heures du matin, Flourens et Blanqui ont quitté l’Hôtel de Ville et Trochu y est rentré.

On va élire la Commune de Paris.


1er novembre. — Nous ajournons à quelques jours la lecture des Châtiments qui devait se faire aujourd’hui mardi à la Porte-Saint-Martin.

  1. Général français, président du Gouvernement de la Défense nationale ; élu, en 1871, membre de l’Assemblée nationale par huit départements. (Note de l’éditeur.)