Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/192

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4 février. — Le temps s’adoucit.

Le soir, foule chez moi. Proclamation de Gambetta.


5 février. — La liste des candidats des journaux républicains a paru ce matin. Je suis en tête.

Bancel[1] est mort.

Petite Jeanne ce soir est guérie de son rhume.

J’ai eu mes convives habituels du dimanche. Nous avons eu du poisson, du beurre et du pain blanc.


6 février. — Bourbaki, battu, s’est tué. Grande mort.

Ledru-Rollin recule devant l’Assemblée. Louis Blanc est venu ce soir me lire ce désistement.


7 février. — Nous avions trois ou quatre boîtes de conserves que nous avons mangées aujourd’hui.


8 février. — Aujourd’hui scrutin pour l’Assemblée nationale. Paul Meurice et moi avons été voter ensemble, rue Clauzel.

Après la capitulation signée, en quittant Jules Favre, Bismarck est entré dans le cabinet où ses deux secrétaires l’attendaient, et a dit : — La est morte.

J’ai rangé mes papiers en prévision du départ. Petite Jeanne est très gaie.


11 février. — Le scrutin se dépouille très lentement.

Notre départ pour Bordeaux est remis à lundi 13.


12 février. — J’ai vu hier pour la première fois mon boulevard. C’est un assez grand tronçon de l’ancien boulevard Haussmann. Boulevard Victor-Hugo est placardé sur boulevard Haussmann à quatre ou cinq coins des rues donnant sur le boulevard.

L’Assemblée nationale s’ouvre aujourd’hui à Bordeaux. Les élections ne sont pas encore dépouillées et proclamées à Paris. Je pense que Louis Blanc sera le premier représentant de Paris. J’eusse trouvé juste que ce fût Garibaldi.

Quoique je ne sois pas encore nommé, le temps presse, et je compte partir demain lundi 13 février pour Bordeaux. Nous serons neuf, cinq maîtres et quatre domestiques, plus les deux enfants. Louis Blanc désire partir avec moi. Nous ferons route ensemble.

  1. Représentant du peuple en 1849 ; exilé au coup d’État ; élu député en 1869. À publié des études littéraires et philosophiques. (Note de l’éditeur.)