Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/247

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Il m’a dit : — Je vais en avoir douze (douze lions). Il faut savoir s’en servir de ces gars-là. Un lion, on n’a qu’à sauter dessus. Ce n’est pas plus malin que ça.


31 mai. — Le sultan est déposé. C’était un imbécile coûteux. Cet Abdul-Aziz est remplacé par son neveu, un Mourad V.


4 juin. — Le nouveau sultan, Mourad V, a fait traduire les Orientales en turc.


5 juin. — Mourad V traduit si bien les Orientales qu’il vient de faire étrangler Abdul-Aziz.


11 août. — Ce matin, à Versailles, j’ai déjeuné chez M. Floquet, qui habite l’ex-prison de Bazaine. C’est une fort jolie maison dans un très beau jardin. Tout cela est plein d’arbres et d’oiseaux. Louis Blanc, Madier de Montjau et Scheurer-Kestner[1] ont déjeuné avec nous. Après le déjeuner Louis Blanc m’a lu le manifeste qu’il vient de faire au nom de l’extrême-gauche de la Chambre des députés, et qui sera publié demain.

Au Sénat, le comte Rampon, président du centre gauche, et M. Magnin, l’ancien ministre du commerce du siège de Paris, président de la gauche, sont venus, au nom de leurs groupes, me prier de présider toute la gauche (les membres restant à Paris), pendant les vacances, jusqu’à la rentrée, qui aura lieu en novembre.


1er septembre. — Rochefort m’a écrit pour me demander l’autorisation de faire encarter les prospectus de son livre dans les livraisons de Quatre-vingt-treize. Je lui réponds que je consens.


6 octobre. — La guerre semble imminente.


12 otobre. — M. Victor Cochinat a dîné avec nous. Il désire entrer à l’Homme libre, nouveau journal de Louis Blanc. Je lui ai donné une lettre pour Louis Blanc.


19 octobre. — La question serbe s’aggrave, la Bourse baisse. Pourtant je ne crois pas à la guerre européenne. Les rois n’ont aucun intérêt à ouvrir cette cage-là.

  1. Membre de l’Assemblée nationale en 1871, devint sénateur inamovible en 1875. Il fut le promoteur de la revision du procès d’Alfred Dreyfus. (Note de l’éditeur.)