Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/263

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Autrefois (en 1830) j’allais me voir siffler. Aujourd’hui je ne vais pas me voir applaudir.

Humillimus esto.




2 février 1871.

Des deux nations, laquelle est la plus à plaindre ?

L’une perd ses deux provinces, l’autre gagne un empereur.




Janvier 1871.

Conférence de Londres.

Y aller ? non.

La France n’a que faire là.

Elle est enfermée dans ce dilemme : être victorieuse ou vaincue.

Victorieuse, elle domine les gouvernements d’Europe. Vaincue, elle les ignore.




Être de l’opposition, c’est mesquin. Je n’en suis pas.

Les châtiments, soit. Mais les taquineries, non.

J’ai la grande colère ; je n’ai pas la petite.




La rime riche ne fait pas la poésie, mais la rime pauvre la défait.




Si je suis tué, et si mes deux fils sont tués, je prie Meurice, Vacquerie et Saint-Victor de publier mes œuvres inédites, les unes terminées, les autres inachevées ou ébauchées, et de faire ce que feraient mes fils.




20 août.

Je les prie de ne publier ces œuvres qu’avec des intervalles à raison d’un volume tous les deux ans.

Je donne mes manuscrits à la Bibliothèque nationale.

21 août.
V. H.




Cette nuit (nuit du 30 au 31 août) en rêvant, j’ai fait ce vers étrange qui a surnagé dans mon esprit après mon rêve :


Pallida mors, vigila pro vivis, sis trio noster.


Dans ma pensée, c’étaient tous les morts de ces affreux champs de bataille qui devaient se lever et prendre la défense des vivants. La mort gardant Paris.