Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/274

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La peine de mort. — Pour ce récit comme pour ceux de l’Affaire Hubert et Tapner, Victor Hugo a constitué un dossier et écrit le titre sur une chemise contenant cinq feuillets ; à l’intérieur de cette chemise est collé un article de journal donnant des détails sur le procès d’un condamné à mort anglais, le journal conclut à une erreur judiciaire ; en tête de l’article, Victor Hugo a inscrit au crayon la date juin 1871, ce qui fait présumer qu’il aurait relu en 1871 cette Chose vue datée du 16 octobre 1851.


L’Affaire Hubert. — Ce manuscrit est sous une double chemise ; sur la première on lit :

AFFAIRE HUBERT.
Dossier.

1° Récit ;

2° Lettre de Hubert ;

3° Document publié par la Société la fraternité ;

4° Document publié par la réunion générale des proscrits.


Sur la seconde chemise, il n’y a que cette mention : Récit. Écrit à la hâte et non revu.

Nous avons retrouvé parmi les papiers inédits deux petites plaquettes imprimées : le document publié par la société la Fraternité et le document publié par la réunion générale des proscrits. Cette dernière plaquette contient le texte de la déclaration de l’espion Hubert ; dans le manuscrit de Victor Hugo, en regard de l’alinéa se rapportant à la déclaration de Hubert, nous lisons cette mention : tâcher d’en avoir le texte. Voici ce texte, que Victor Hugo aurait publié s’il l’avait eu sous la main :


Le soussigné Hubert vient d’apprendre aujourd’hui par deux proscrits que des mal intentionnés, des médisants, des calomniateurs faisaient circuler sur son compte certaines versions inventées à plaisir, depuis son retour en France.

Hubert, qui est sans crainte et sans reproche, étant pour quitter l’île de Jersey dans l’intention de n’y pas revenir d’aussitôt, tient à ne pas y laisser de mauvais souvenirs ; c’est pourquoi, fort de sa conscience, il offre de justifier complètement sa conduite depuis son âge de puberté jusqu’aujourd’hui, et tient à briser par des preuves palpables les efforts des menteurs qui l’attaquent par derrière, lâchement, et dans le but de nuire aux principes pour lesquels il a tant souffert et mourra plutôt que d’apostasier. — À cet effet, il demande à ses compagnons proscrits à Jersey de former, sans distinction de société, un jury devant lequel il comparaîtra avec les infâmes qui le calomnient.

La lumière se fera.

Il demande que tout soit terminé avant vendredi prochain. La justice du peuple doit être prompte.

Salut et fraternité.
Signé : Hubert.

Ce 17 octobre 1853.