Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/376

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Burty demande 500 francs par mois (car d’octobre à avril il y a bien six bons mois) pour diriger toute la partie dessins et gravure. Il aura beaucoup plus à faire qu’Ulbach, d’abord parce que c’est sous ce rapport que la chose est le moins avancée, et puis parce qu’il aura, tous les jours, à passer dans trois ou quatre ateliers de gravure, à surveiller les états, les épreuves, les tirages, etc. Tout son temps à nous donner enfin[1].


On remarquera que Paul Meurice préfère pour l’instant ne pas parler à Lacroix. Il y avait déjà des dissentiments, des froissements, mais il y avait lieu d’espérer que les premiers obstacles qui s’élèvent toujours à l’origine d’une entreprise aussi vaste s’aplaniraient avec le temps.

Le 7 octobre un traité est signé sous forme de lettre adressée à Victor Hugo par Lacroix :


Monsieur Victor Hugo,
à Bruxelles.


Mon cher maître.

Il a été convenu entre nous que pour le cas où vous nous donneriez l’Introduction que vous comptez écrire pour le livre Paris, nous ferions composer le manuscrit que vous nous enverriez en caractère et sur justification conformes au caractère et à la justification employés dans l’édition des Misérables et des Travailleurs de la mer, publiée à Bruxelles en in-8°. Nous vous adresserions cette épreuve qui servirait à finir la matière de l’Introduction, et, sur le pied de cette matière nous vous payerions la somme de quinze cents francs pour la feuille de seize pages. Il est entendu que s’il y a dans cette Introduction des divisions, il sera laissé entre chacune d’elles un blanc de cinq lignes. Si votre travail n’atteint pas une feuille ou dépasse la feuille, les pages qu’il donnera vous seront payées à raison de cent francs. Ce payement se fera sur une traite tirée par vous sur nous immédiatement après le renvoi de l’épreuve spécimen vue par vous.

Moyennant ces conditions, cher maître, vous nous cédez la pleine propriété dudit travail pour une période de douze ans qui commencera à courir du jour de la mise en vente, sans préjudice de votre droit de joindre, quand bon vous semblera, ce travail à vos œuvres complètes. Nous comptons sur cette Introduction que vous avez bien voulu nous promettre. Vous nous avez demandé de vous indiquer l’époque à laquelle nous désirerions recevoir ce travail et nous vous avons prié de nous le fournir, si possible, au plus tard dans les premiers jours de décembre. Vous recevrez quinze exemplaires du volume Paris, plus le nombre d’épreuves tirées à part de votre Introduction que vous nous indiquerez.

Nous vous prions, cher maître, de vouloir bien ratifier le présent arrangement en nous remettant votre acceptation des diverses clauses qu’il énumère, et nous vous remercions encore une fois de votre précieuse collaboration, si cordialement accordée à notre livre Paris.

Votre dévoué,
Albert Lacroix.


Vu et approuvé l’écriture ci-dessus.

Victor Hugo.


Victor Hugo avait demandé la communication de la table du volume ; devant écrire une introduction, il voulait au moins savoir ce que contiendrait le livre, être fixé sur les noms des rédacteurs, recevoir leurs articles en épreuves, obtenir au besoin des modifications, pour ne pas couvrir de son nom des idées ou des opinions qu’il aurait désapprouvées. Mais cette table ne pouvait être envoyée, la liste des collaborateurs étant encore fort incomplète. Philippe Burty, chargé de la partie artistique, avait insisté pour avoir un croquis de Victor Hugo.

Voici la réponse adressée par Victor Hugo à Paul Meurice :


18 octobre.

Voudrez-vous être assez bon pour transmettre ma réponse (ci-jointe) à notre excellent et gracieux ami M. Ph. Burty. Je dis non et j’ai la conscience que vous m’approuvez. Il y a péril déjà à être une sorte de tête de colonne dans ce livre-légion créé par vous. L’attitude

  1. Correspondance de Victor Hugo et de Paul Meurice.