Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/385

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Hauteville-House, 28 avril 1867.

Mon cher monsieur Lacroix, la traite de 4,500 francs que je vous ai annoncée tirée par moi à vue sur vous vous sera présentée probablement en même temps que cette lettre. Je persiste à penser que l’Introduction publiée à part en brochure, fort papier, format des Misérables, avec un titre que j’y mettrais, servirait votre livre. Ne pas la vendre plus de 75 centimes.

Je ferai là-dessus ce que vous voudrez. Je juge absolument inutile de vous renvoyer corrigée la fin de votre épreuve, puisque vous avez à Paris le bon à tirer du tout. Paraissez le plus tôt possible.

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J’apprends que vous vous décidez enfin à faire les éditions in-18 du William Shakespeare et des Chansons des rues et des bois. Employez pour cela (songez-y) le William Shakespeare que je vous ai remis, en octobre 1865, avec quelques corrections et indications utiles.

Notre Déclaration de paix arrivera très à propos au milieu de ce vacarme de guerre, et je suis heureux de penser qu’elle servira votre livre.


Lacroix publie en effet l’Introduction en brochure, mais au prix de 2 francs.

Nouvelle lettre de Victor Hugo à Lacroix :


H.-H., 12 mai. [1867.]

Mon honorable et cher éditeur, l’article-annonce de l’Indépendance est excellent ; remerciez-en et félicitez-en de ma part qui de droit. Le livre est un manuscrit. Je reçois votre titre. S’il en est temps encore, je vous engage de toutes mes forces à supprimer le :

par les principaux écrivains de France.

On ne se dit pas de ces choses-là à soi-même. Laissez-le dire au public. Mettez simplement :

Paris-Guide


et rien avec. À bon vin point d’écriteau. Tout le monde vous donnera le même conseil que moi. — Avez-vous transmis mes six discours de l’exil au Charivari ? — Est-ce que M. Henri Rochefort n’est plus du livre ? Ce serait bien regrettable. — Je vais faire de nouveaux efforts pour y faire rentrer Vacquerie, Meurice, et y faire entrer Charles. Je le leur demande. Je vous écris in baste.

À bientôt une lettre. Mille cordialités.

V H.


L’effort de Victor Hugo pour obtenir la collaboration de Vacquerie, de Paul Meurice et de son fils Charles ne pouvait aboutir car le livre était sous presse ; il portait comme titre :


PARIS-GUIDE
rédigé par les principaux littérateurs
et savants français.


Victor Hugo écrivait à Lacroix :


H.-H., dim. 19 mai.

Mon honorable et cher éditeur, vous ne m’avez pas envoyé le petit relevé que vous m’aviez annoncé ; je le fais faire de mon côté, et nos deux résultats s’affirmeront l’un par l’autre. Votre petit texte a 44 pages, et votre page de Paris-Guide fait, à quelques lettres près, trois pages de l’édition type belge des Misérables. Voulant vous donner les facilités que vous avez désirées, je me borne à tirer sur vous fin mai courant la somme de quatre mille cinq cents francs. Le surplus qui résultera du calcul encore inachevé sera soldé par vous fin juin ; et de cette façon le paiement aura lieu en trois fois, comme vous m’en aviez fait la demande.

Je sais par Victor que les deux articles annonces de l’Indépendance et de l’Étoile belge sont de vous, et je vous en remercie, car ils sont d’un ami, et je vous en félicite, car ils sont d’un écrivain. Vous joignez au patriotisme belge un talent français.

Bien vôtre,

V H.


Donnons cette dernière lettre de Victor Hugo au sujet du règlement de compte :


Hauteville-House, 18 juin.

Votre travail, mon honorable et cher éditeur, se faisait attendre, je vous envoie le