Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/124

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Hier, un incident ; députation de proscrits me priant de ne pas quitter Bruxelles. Je réponds : Cela ne dépend pas de moi ; on m’expulsera. On me réplique : attendez qu’on vous expulse. Je leur dis : — Mais si nous faisons un éclat de la chose, ce qui peut être un acte politique utile, il y aura solidarité, on vous expulsera peut-être tous. — Hé bien ! nous vous suivrons et nous nous reformerons autour de vous à Jersey. Vous parti, la proscription en Belgique est décapitée : le parti aujourd’hui à Bruxelles, se trouve rejeté à Londres. Vous êtes centre. À Jersey, vous serez seul. Restez-nous jusqu’à ce qu’on vous chasse. — Je leur ai dit que j’étais tout à eux et je les ai engagés à réfléchir, car une expulsion générale qui s’ensuivrait froisserait bien des intérêts, surtout les plus pauvres. Ils vont se consulter de nouveau, et ils reviendront.

Mon départ d’ici n’en est pas moins certain (car le ministère Lehon me chassera avec fureur) ; mais, n’étant plus volontaire, il serait retardé de quelques jours. Peut-être en ce cas-là pourrais-je partir avec Charles et Victor que j’attends le 25. Lis la lettre de Charles ci-jointe. Toi, sitôt mon livre paru (je te préviendrais) il faudrait aller à Jersey, que j’y fusse ou non. Tu te logerais à l’auberge et tu verrais des logis en attendant. Tu aurais soin de ne rien arrêter avant mon arrivée. — J’ai fini hier Napoléon-le-Petit. J’ai commencé à l’écrire le 14 juin. Je pense qu’il paraîtra du 20 au 25. — J’ai parlé au correspondant de l’éditeur, on a écrit à Londres pour la proposition d’Auguste, dis-lui que je lui écrirai dès que j’aurai la réponse. — Le volume aura 440 pages. C’est plus gros que je ne croyais. C’est le tableau complet de l’homme et de la situation avec un petit coup d’œil sur le lendemain. — Chère amie, depuis que nous sommes ici, j’ai fait plusieurs dépenses personnelles pour Charles et pour moi. Je lui ai acheté des chemises, des souliers, un pantalon, etc. — Cela a fait un petit ensemble de notes dont voici le détail :

12 chemises 120 fr. 6 gilets de flanelle 55 1 pantalon d’hiver 25 2 pantalons d’été 30 1 gilet (pour moi) 15 1 chapeau (pour moi) 15 2 paires de souliers (pour Charles) 24 2 paires de souliers (pour moi) 26 310

Pour payer ces 310 francs, j’avais tiré sur Guyot ; or ce bon de 310 francs lui a été présenté le lendemain même du jour où tu avais pris de