Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/174

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d’intérêt au procès. Un procès ! un scandale, un grand bruit autour du livre ! une réclame immense éveillant la curiosité universelle ! des citations terribles partout, jusque dans le réquisitoire Bavay qui sera reproduit par les journaux de France ! des plaidoiries pour et contre dans tous les journaux d’Europe ! Et pourquoi tout ce tapage qui triplera le bruit du livre ? pour prendre l’éditeur et l’imprimeur ! pour n’avoir pas même le plaisir de la vengeance ! À quoi bon ?

Vous voyez que, dans ce dernier cas, grâce à la préface, il y a beaucoup de chances pour qu’il n’y ait pas de procès. Moi absent, plus d’intérêt pour Bonaparte. Vous voyez au contraire que dans le cas où je laisse croire que je viendrai, c’est une prime d’encouragement au procès.

Réfléchissez bien à ce raisonnement qui me paraît capital.

À tous les points de vue donc, au point de vue de la dignité comme au point de vue de la tactique, la préface que je vous ai envoyée est nécessaire. — Ce que je puis concéder, le voici : M. Samuel envoie des considérants rédigés par lui et qu’il préfère aux miens ; je les accepte. — À la seule condition d’y ajouter quatre lignes disant ceci : attendu en outre que les devoirs spéciaux de M. V. H. comme représentant républicain lui interdisent de se faire volontairement justiciable d’une loi imposée à la Belgique par M. Bonaparte et qui, au mépris des droits du peuple, attribue et reconnaît à M. B. la qualité de souverain de la France.

Avec ces quelques mots indifférents à M. S., j’accepte pleinement ses considérants. — Les conditions spéciales pour l’amende, la prison, etc., ne sont pas dans le projet de traité. Si on veut les mettre dans une lettre ainsi que les considérants ci-dessus, j’y consens encore. — Vous voyez que je suis accommodant. Répondez-moi vite et à tout. Ci-joint l’épreuve que je remets à votre diligence et une lettre pressée pour M. Marescq que j’aime mieux envoyer par la poste de Bruxelles. Serez-vous assez bon pour l’y faire mettre ? Elle contient l’épreuve de la préface des Odes.

Je vous parlerai de petits détails pour le traité dans une prochaine lettre ; l’important passe aujourd’hui[1].


À Hetzel.


14 juillet [1853].

Ma dernière lettre doit nous avoir mis d’accord. Je ne répète pas les explications qui y sont. Échangeons, M. Samuel et moi, les deux lettres conve-

  1. Publiée en partie dans Les Châtiments. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.Collection Jules Hetzel.