Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/206

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Voudriez-vous faire remettre ce mot chez Mme d’Aunet ?

Mes plus tendres cordialités à Gautier, à Limayrac[1], à Pelletan, à Jourdan, à Boulanger, à tous ceux qui m’aiment.

V.[2]


À T. M. Duché[3].


24, York Place. London.
Jersey, 12 septembre [1854].

Merci, mon cher et excellent collègue. Votre adhésion si cordiale me touche vivement. Je ne suis rien qu’un combattant, mais la grande cause fait grand le combat. Que Dieu nous aide et que le peuple se réveille, nous vaincrons.

Quant à moi, je n’ai jamais eu plus de foi et plus d’espoir. La proscription et l’exil ne sont que des veilles à travers les guerres. Je vois distinctement le triomphe de la république, de la démocratie et de la civilisation.

Je vous serre fraternellement la main.

Victor Hugo[4].


À Paul Meurice[5]


20 7bre.

Schamyl a fait le tour de Marine-Terrace — triomphalement. Il a gagné la bataille près de Hot sea bath comme au mont Darbula, comme à la Porte Saint-Martin. Quel beau poëme, cher poëte ! J’ai vu l’endroit où nous avons été applaudis côte à côte, et j’ai été tout fier et tout heureux de retrouver quelque chose de moi dans cette belle prose généreuse et éclatante. Savez-vous que nous sommes destinés à nous rencontrer ? J’ai tressailli en lisant la dernière ligne de votre note sur Mélingue[6]. Dans les Contemplations il y a cette fin de vers :

Le devoir, fatalité de l’homme.
  1. Paulin Limayrac, journaliste, collabora d’abord à la Revue de Paris, à la Revue des Deux Mondes, à La Presse ; peu à peu il évolua, entra au Constitutionnel en 1857, enfin au Pays, où il rendit de grands services au gouvernement.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. T.-M. Duché, avocat, élu député de la Loire en mai 1849, expulsé au coup d’État, fonda une maison de commerce maritime à Londres où il mourut en 1865.
  4. Communiquée par M. Maurice Vignes (de Dijon).
  5. Inédite.
  6. Mélingue, qui connut de beaux succès dans les théâtres de drame sous l’empire, interpréta en 1870 Alphonse d’Esté à la Porte-Saint-Martin ; puis il reprit avec éclat, en 1872, le rôle de Don César à l’Odéon. — « ... la fatalité volontaire qu’on appelle le devoir » ; note sur les acteurs, à la fin de la pièce imprimée : Schamyl.