Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/217

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soient mon œuvre de poésie la plus complète. Mon premier volume aura 4 500 vers, le second 5 000, près de 10 000 vers en tout. Les Châtiments n’en avaient que 7 000. Je n’ai encore bâti sur mon sable que des Giseh ; il est temps de construire Chéops ; les Contemplations seront ma grande Pyramide.

En même temps que cette lettre, cher poëte éditeur, vous recevrez par la poste le premier fascicule. Vous y trouverez en l’ouvrant une instruction pour l’imprimeur que je vous serai obligé de faire exécuter avec un soin précis et de point en point. Pour cette grande bataille, je renonce aux pages blanches entre chaque pièce. On pourra mettre jusqu’à 26 vers à la page. 24 vaudraient mieux, je crois. Il me semble toujours qu’on pourrait imprimer en même temps l’in-18° belge et l’in-8° parisien. Cela nous ferait gagner un mois. Répondez-moi tout de suite si le premier envoi vous est bien parvenu, et si vous voulez tout le reste par la même voie. Je vous enverrai aussi rapidement que vous voudrez, tous les jours un envoi, si vous le souhaitez, ou du moins trois fois la semaine ; si, de votre côté, vous m’envoyez six épreuves par semaine (nécessaire), nous irons vite et nous paraîtrons dans deux mois (bon moment). Voici le calcul. Vingt et une feuilles par volume. Un volume par mois. Si vous allez plus vite encore, ce sera mieux.

Allons, en selle. Je serre vos bonnes mains.

Le premier envoi contient les xiv premières pièces du livre premier et va jusqu’à la page 32 du manuscrit[1].


À Paul Meurice.


Marine-Terrace, 25 juin 1855.

Vous avez Auguste en ce moment, cher poëte, et je pense qu’il vous dira tout ce que je ne puis vous écrire. Nous espérons, d’après les dernières nouvelles, qu’il aura trouvé sa mère hors de danger immédiat, et que ce n’est pas le deuil qu’il a été chercher à Paris. Si ses inquiétudes, comme nous le croyons, sont dissipées, nous lui envions vos bonnes causeries, vos charmantes intimités de toutes les heures, et ces épanouissements de grâce et de cordialité dont vous avez laissé le souvenir à Marine-Terrace. Vous êtes, vous, cher ami, à la veille d’un immense succès[2], vous allez jeter sur l’immonde Paris d’à présent le manteau de pourpre du Paris passé et du Paris avenir. Les journaux nous arrivent déjà tout pleins de votre rumeur. Je tâcherai de deviner le

  1. Les Contemplations, Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  2. Paul Meurice allait faire représenter un drame intitulé : Paris.