Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/320

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dis que cela se solderait par des cartons, par des retards, par des faux-frais, etc… et que, ces faux-frais à Paris ajoutés à la perte du marché étranger, grâce à l’in-8° belge, finiraient par rendre nulle une affaire qui eût pu et qui eût dû être bonne. Encore de ceci, vous n’avez tenu nul compte. Aujourd’hui, vous commencez à voir les conséquences des fautes faites malgré toutes mes observations (et je ne les énumère pas toutes. Voir mon avant-dernière lettre) et vous me renvoyez sous forme de plaintes mes propres prévisions. Hélas ! vous me donnez raison. Voilà tout.

Maintenant, que voulez-vous que j’y fasse ? Faut-il ajouter à toutes les fautes faites la faute suprême ? Celle de laisser paraître ce livre tatoué d’incorrections, de vers faux, de rimes manquantes, de non-sens et de contresens ? Ici, je dis que je ne le veux pas. Et j’ajoute que vous ne le voulez pas. Cette résolution dût-elle pousser a bout la patience de M. Claye. J’avoue qu’il y a eu pour moi quelque surprise à apprendre que je devais compter avec la patience ou l’impatience de mon imprimeur. Il m’a semblé que, jusqu’à ce moment, le patient c’était moi. Tout bien considéré, voici mes conclusions : si l’affaire de La Légende des Siècles est mauvaise pour vous, nous nous en tiendrons là. Si, par miracle, elle est bonne ou passable, et que cela vous convienne, nous en referons d’autres. Seulement, nous tiendrons note des fautes faites pour n’y plus retomber. Je répète ici ce que disait mon avant dernière lettre, en somme, la grande coupable, c’est la distance. Vous à Paris, les trois quarts des mauvaises chances où nous nous sommes heurtés, s’évanouissent.

Je sens que votre lettre du 22, quoique prévue, m’a attristé. Épictète dit à Épaphrodite : tu vas me casser la jambe quand il eut la jambe cassée. Épictète ne fut pas gai. Cependant, vous vous tromperiez si vous croyiez qu’il y a en moi autre chose que le sentiment le plus sympathique pour votre charmant esprit et le plus cordial pour votre noble nature.

Votre ami quand même[1].


À Paul Meurice[2].


27 7bre. — Mardi.

C’est aujourd’hui, cher Meurice. Enfin vous voilà délivré !

Je ne veux pas que la journée se passe sans vous porter mon remcrcîment suprême. Novissima verba.

À vous du plus profond de l’âme.

V.[3]
  1. Collection Jules Hetzel. — Publiée en partie dans La Légende des Siècles. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  2. Inédite.
  3. Bibliothèque Nationale.