Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/358

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À Auguste Vacquerie[1].


Dimanche 15 avril [1861].
Cher Auguste,

Les Misérables. Je vais m’y remettre, et, selon toute apparence, leur consacrer cet été, par conséquent finir. Mais nous vivons dans un temps interrupteur, et, comme il s’agit d’une somme très considérable, je me ferais scrupule de traiter avant d’avoir terminé le livre. Du reste, je n’ai pris aucun engagement. Il y a néanmoins la petite difficulté du vieux traité Gosselin Renduel (octobre 1831) laquelle devra être résolue dans la combinaison nouvelle, quelle qu’elle soit.

Mlle Santa Colomba. Je me mets à ses pieds. Cependant je n’accorde plus pour mes paroles d’autorisation gratuite aux musiciens depuis qu’il y a autour de moi des proscrits abandonnés à secourir. L’éditeur de Mlle S. C. pourrait-il donner à notre caisse si peu que ce soit ? Je serais charmé d’être agréable à Mlle S. C.

Soyez heureux et triomphant là-bas, Manibus tuis Carolum meum commando.

V.[2].


À Jules Janin.


Bruxelles, 24 avril 1861.

Au milieu de mes pérégrinations, je reçois votre admirable feuilleton sur les Funérailles de l’honneur. Je vous serre dans mes bras, et je vous remercie. La vie, la force, la chaleur, la grâce toute-puissante, c’est vous. Vous êtes inépuisable et lumineux. Votre feuilleton se lève sur Paris comme l’aube. Hélas ! ce pauvre Paris crépusculaire d’aujourd’hui a bien besoin de votre clarté. Si les adolescents séniles d’à présent veulent apprendre à être jeunes, qu’ils aillent à vous. S’ils veulent apprendre le courage, l’esprit, l’imagination, le style, toutes les magies de la poésie et de l’idéal, et la fidélité aux grands souvenirs, et la fierté, et l’incorruptibilité, et le respect des vaincus,

  1. Inédite.
  2. Bibliothèque Nationale.