Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/364

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didement cet hiver la glorieuse résurrection des Funérailles de l’honneur. Quand le mot est écrit par vous, Funérailles signifie Triomphe.

Tuus.
V. H.

Je vais me remettre en route, mais Charles saura toujours où je suis.

Connaissez-vous un jeune statuaire qui a un très beau talent et qui s’appelle M. Drouet ? Il a, me dit-on, l’idée de faire pour moi ce qu’Alexandre rêvait pour lui-même en regardant le mont Athos, et de sculpter à ma ressemblance un rocher de Guernesey. Mais oui, vous le connaissez, car il a fait votre médaillon. Quand vous le verrez, remerciez-le pour moi de son glorieux rêve, et serrez-lui la main de ma part.

Je sors de temps en temps de ma caverne pour aller voir ces dames qui paraissent se plaire à Bruxelles.

Voilà donc M. Peyrat revenu à la tête de La Presse. J’en suis charmé. C’est un cœur honnête et un jeune et noble talent[1].


À François-Victor[2].


11 juillet [1861].
Mont-St-Jean.

Par suite de tout nos va-et-vient, ta lettre de mercredi 3 (à ta mère) ne me parvient qu’aujourd’hui. J’ai écrit le 30 juin une lettre à M. Marquand qui en contenait une pour toi, une pour M. Kesler, une pour Marie, à qui j’envoyais 8 livres. M. Marquand a-t-il reçu cette lettre ? As-tu reçu la tienne ?

Cher enfant, je croyais qu’un acompte sur les 500 francs te suffirait ; mais puisque tu désires tout de suite toute la somme, la voici. Tu trouveras ci-inclus un mot pour le directeur de la Old Bank. Je te remettrai les 20 francs d’appoint à mon retour. Je vois sur ta lettre que tu finissais par t’attrister d’être seul à Guernesey. Pourquoi ne me l’as-tu pas écrit ? Je serais revenu immédiatement près de toi. Ma santé est rétablie, et j’aurais été charmé de t’aller retrouver. Du reste toutes ces dispersions-là ne valent rien.

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.